jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Ghaem, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 janvier 2024 par laquelle la commission de médiation de Vaucluse a rejeté son recours en vue d'une offre d'hébergement présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à cette autorité de la reconnaître comme prioritaire et devant être hébergée d'urgence dans une structure d'hébergement ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à cette autorité de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à leur conseil, sous réserve de la renonciation de celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'aucun texte n'impose de justifier d'une situation d'urgence, qu'ils ne sont pas hébergés en SIAO mais s'y maintiennent en présence indue et que l'irrégularité de leur droit au séjour ne peut leur être opposée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation.
Pour un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la décision de la commission de médiation est légalement justifiée et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 26 mars 2024, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 22 décembre 2020 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience publique du 25 octobre 2024, qui s'est tenue en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane, est hébergée au sein du SIAO de Vaucluse à Avignon depuis le 20 juin 2022 avec son compagnon et leurs deux enfants âgés de trois et cinq ans. Par une lettre du 28 septembre 2023, la préfète de Vaucluse leur a notifié la fin de leur prise en charge dans un délai de quinze jours. Mme A a formé, auprès de la commission de médiation de Vaucluse, un recours gracieux contre cette décision en vue d'une offre d'hébergement sur le fondement des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Lors de la séance du 16 janvier 2024, la commission de médiation de Vaucluse a rejeté ce recours par une décision du même jour, dont Mme A demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / - être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; / - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; / - avoir fait l'objet d'une décision de justice prononçant l'expulsion du logement ; / - être hébergées dans une structure d'hébergement ou une résidence hôtelière à vocation sociale de façon continue depuis plus de six mois ou logées temporairement dans un logement de transition ou un logement-foyer depuis plus de dix-huit mois, sans préjudice, le cas échéant, des dispositions du IV de l'article L. 441-2-3 ; / - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret () ".
3. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes d'une personne tendant à être accueillie d'urgence dans une structure d'hébergement relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une telle décision, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande d'hébergement à la date de la décision attaquée, ces deux critères étant cumulatifs.
4. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par Mme D C qui a été désignée, par un arrêté de la préfète de Vaucluse du 28 décembre 2023, comme présidente de la commission de médiation de Vaucluse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
5. En second lieu, si les ressortissants étrangers qui font l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, n'ont pas vocation en principe à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge, de vérifier si des circonstances particulières justifient qu'ils soient reconnus comme prioritaires et devant être hébergés en urgence.
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande d'hébergement de Mme A, la commission de médiation de Vaucluse s'est fondée sur les circonstances qu'elle est actuellement hébergée par le SIAO et n'est pas sans abri à ce jour, qu'elle n'est pas dans une situation de vulnérabilité et que la situation d'urgence n'est pas avérée.
7. D'une part, contrairement à ce qui est soutenu, la décision attaquée n'est pas fondée sur la situation irrégulière de Mme A au regard du droit au séjour. Le premier moyen d'erreur de droit invoqué sur ce point doit donc être écarté.
8. D'autre part, il résulte des dispositions précitées des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation et de ce qui a été dit au point 5 que, pour être accueillis dans une structure d'hébergement au regard du droit à l'hébergement opposable, les intéressés doivent être dans une situation d'urgence et leur demande doit présenter un caractère prioritaire. Le deuxième moyen d'erreur de droit tiré de ce que la condition d'urgence ne serait pas prévue par les textes applicables doit donc être écarté.
9. Enfin, la commission de médiation, si elle a retenu que Mme A était déjà suivie et hébergée en SIAO, alors qu'elle s'est vue notifier la fin de la prise en charge et de l'hébergement à compter du 13 octobre 2023, a également procédé, de manière déterminante, à une appréciation globale de sa situation, au terme de laquelle elle a estimé que la situation d'urgence au regard du droit à l'hébergement opposable n'était pas avérée.
10. En se limitant à faire état, sans autre précision, de la présence de ses deux jeunes enfants, Mme A ne peut être regardée comme justifiant de circonstances exceptionnelles de nature à permettre de considérer que la commission de médiation de Vaucluse aurait entaché d'une erreur manifeste l'appréciation qu'elle porte sur le caractère urgent de sa demande d'hébergement.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Les conclusions de Mme A à fin d'annulation étant rejetées, celles présentées à fin d'injonction doivent l'être également.
Sur les frais d'instance :
13. Il n'y a pas lieu de mettre une somme à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Ghaem et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024
La magistrate désignée,
C. CHAMOT
La greffière,
F. BELKAÏD
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026