lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402145 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, Mme B C, représentée par Me Gathelier, demande au juge des référés, saisit sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 mars 2024 par laquelle la commission de médiation de Vaucluse a rejeté son recours en vue d'une offre d'hébergement présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, 35 et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que :
* par une décision du 24 novembre 2023, le centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) " La Passerelle " lui a notifié, ainsi qu'à M. A, son époux, une mise en demeure de quitter les lieux avant le 30 novembre 2023 ; ils ont pu se maintenir dans les lieux mais leur expulsion est imminente ;
* ils n'ont pas de famille en France et n'ont donc aucune possibilité d'être logés ;
* la décision attaquée les prive d'un hébergement d'urgence alors qu'ils sont accompagnés de leurs trois enfants âgés de deux, cinq et six ans ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
* elle est insuffisamment motivée en fait ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard, d'une part, du caractère suffisant des démarches qu'elle a accomplies avant de saisir la commission de médiation de Vaucluse et, d'autre part, de l'état de vulnérabilité de sa famille ;
* elle méconnait les dispositions du III de l'article L. 441-2-3 en ce que la famille se trouve dans une situation de détresse psychique et sociale qui nécessite une prise en charge dans un hébergement adapté ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle considère qu'ils bénéficient d'un hébergement temporaire alors qu'il s'agit d'un maintien indu.
Par un mémoire enregistré le 21 juin 2024 à 10h09, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'a pas commis de carence et a accompli toutes diligences au titre de l'asile et des dispositions du code de l'action sociale et des familles dès lors que :
- l'urgence n'est pas établie par la seule présence de jeunes enfants et alors que la famille demeurent encore au CADA et n'a contacté qu'une seule fois el 115.
- la décision a été prise au vu de la situation d'ensemble de la famille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été convoquées à une audience publique qui s'est tenue le 21 juin 2024 à 14 heures 30 en leur absence.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a saisi, le 16 février 2024, la commission de médiation de Vaucluse d'une demande présentée sur le fondement du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation aux fins d'obtenir une proposition d'hébergement dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Par une décision du 25 mars 2024, la commission a rejeté son recours. Après avoir présenté une requête en annulation de cette décision, Mme C en demande la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative en tant que cette décision lui refuse un accueil dans une structure d'hébergement.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aux termes du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " () La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement. La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département ou, en Ile-de-France, au représentant de l'Etat dans la région la liste des demandeurs pour lesquels doit être prévu un tel accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et précise, le cas échéant, les mesures de diagnostic ou d'accompagnement social nécessaires () ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par Mme C, tels qu'analysés ci-dessus, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie en l'espèce, il y a lieu de rejeter sa requête, en toutes ses conclusions, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 24 juin 2024.
La juge des référés,
C. CHAMOT
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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