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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2402191

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2402191

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2402191
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 et 10 juin 2024, M. B A, représenté par Me El Aniou, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour d'une durée de validité de six mois, l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 4 juillet 2023 ;

- il a été mis en possession d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande qui expirait le 8 janvier 2024 puis d'une seconde valable jusqu'au 7 mai 2024 ;

- malgré plusieurs demandes en ce sens, le préfet de Vaucluse ne lui a pas délivrer une nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;

- le contrat à durée indéterminée à temps plein pour l'emploi qu'il occupe a été suspendu du fait de sa situation irrégulière sur le sol français, il est privé de revenus et risque un licenciement à très bref délai ;

- il est ainsi porté à atteinte à sa liberté d'aller et venir et celle d'exercer une activité professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné à M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Les parties n'étant ni présentes ni représentées, a été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 10 juin 2024, en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, le rapport de M. Roux, juge des référés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de nationalité comorienne, a bénéficié de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de deux ans, dont la validité expirait le 7 septembre 2023. Il a déposé sur la plateforme numérique du ministère de l'intérieur et des outre-mer une demande de renouvellement de ce titre le 4 juillet 2023 et s'est vu remettre deux attestations successives de prolongation de l'instruction de cette demande, dont la dernière expirait le 7 mai 2024. Malgré les demandes répétées qu'il a effectuées, aucune nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ne lui a été délivrée. Il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer, dans un délai de quarante-huit heures, cette attestation d'une durée de validité de six mois.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre une attestation de prolongation d'instruction qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. (). ".

4. Il résulte de l'instruction que la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A, qui expirait le 7 septembre 2023, a été admise par l'administration qui lui a délivré depuis deux attestations successives de prolongation d'instruction, dont la dernière expirait le 7 mai 2024. Malgré les différentes demandes qu'il justifie avoir adressées à cette fin, aucune nouvelle attestation de prolongation d'instruction ne lui a été délivrée tandis que l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " se poursuit tel que l'établit les réponses formulées par l'administration. Le requérant qui se trouve ainsi en situation irrégulière sur le sol français et dans l'impossibilité d'y occuper un emploi et notamment de poursuivre l'exécution du contrat à durée indéterminée qu'il a signé le 13 décembre 2022, que son employeur, la société LDC Sablé a déjà une première fois suspendu en janvier 2024, à l'expiration de la validité d'une précédente attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, est fondé à demander qu'il soit mis fin dans un délai de quarante-heure à l'atteinte manifestement illégale ainsi portée à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit d'exercer une activité professionnelle.

5. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet de Vaucluse de délivrer à M. A une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour d'une durée de validité de trois mois, l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette mesure de l'astreinte sollicitée.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de Vaucluse de délivrer à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, d'une durée de validité de trois mois, l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes le 11 juin 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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