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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2402245

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2402245

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2402245
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juin 2024, M. A B, représenté par Me Deleau, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande portant autorisation de travail, dans un délai de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2° de mettre à la charge de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- arrivé en France à l'âge de onze ans, il a obtenu le renouvellement constant de sa carte de résident depuis sa majorité et jusqu'au 6 janvier 2023 ;

- lors du rendez-vous où il s'est présenté en préfecture de Vaucluse le 11 septembre 2023, il a été impossible, pour un motif qui ne lui a pas été communiqué et qui semble lié à une erreur de saisine d'information par la préfecture des Bouches-du-Rhône, de faire droit à sa demande de renouvellement ni de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;

- il se trouve dans un situation administrative irrégulière, ne peut plus procéder à une demande de titre sur le site de l'ANEF, ne parvient pas, malgré ses demandes, à obtenir un nouveau rendez-vous en préfecture et son employeur a indiqué n'être plus en mesure de maintenir son contrat de travail, l'exposant à une précarité financière, caractérisant l'utilité et l'urgence de la mesure sollicitée.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de Vaucluse qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :" L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Et aux termes de l'article R. 432-2 dudit code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit soit n'avoir pu les accomplir en raison d'un dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, soit qu'en dépit de l'enregistrement de sa demande, il se trouve placé en situation irrégulière du fait de l'absence de remise d'un document l'autorisant provisoirement à séjourner en France durant l'instruction de sa première demande ou des suites de la prolongation de l'instruction de celle-ci au-delà de la durée de validité de son précédent titre de séjour en cas de renouvellement ou, le cas échéant, de l'autorisation provisoire qui lui aurait été remise au cours de cette instruction, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous et de lui remettre à cette occasion, si son dossier est complet, le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement cette attestation, ce récépissé ou ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel doit agir l'administration. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant marocain né le 10 juillet 1976, entré en France en 1994, était titulaire d'une carte de résidant d'une durée de dix ans, expirant le 9 septembre 2020, dont il a demandé le renouvellement auprès du préfet des Bouches-du-Rhône. Le requérant a produit deux récépissés de dépôt de cette demande, valables, pour le plus récent, jusqu'au 6 janvier 2023. D'une part, s'il affirme avoir été reçu en préfecture, le 11 septembre 2023, où un refus de renouveler sa carte de résident lui aurait été opposé et ne plus parvenir depuis à effectuer les démarches en ligne permettant de déposer une nouvelle demande ni à obtenir de rendez-vous auprès de la préfecture de Vaucluse, il ne produit qu'un courrier adressé au préfet par son conseil le 15 février 2024 qui tend à la communication des motifs du refus de séjour ainsi qu'à sa contestation, et n'établit donc pas la réalité des difficultés rencontrées pour enregistrer une nouvelle demande de renouvellement de sa carte de résident. Dans ces conditions, l'utilité de la mesure sollicitée sur ce point n'apparait pas justifiée. D'autre part, au regard des mêmes éléments, M. B ne saurait être fondé à solliciter du juge des référés qu'il enjoigne au préfet de Vaucluse de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident dès lors que cette mesure ferait obstacle à l'exécution du refus de séjour qui lui a été opposé le 11 septembre 2023 et dont il a contesté la légalité et demandé la communication des motifs dans son courrier du 15 février 2024.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de Vaucluse.

Copie en sera adressée pour information au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Nîmes, le 24 juin 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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