vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402254 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juin 2024, M. B A, représenté par Me Breuillot, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé ou une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande, l'autorisant à travailler ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a déposé une demande de la délivrance d'un titre de séjour en cours d'instruction depuis 2022 et la validité de sa dernière attestation de prolongation d'instruction de cette demande a expiré le 17 mars 2024 ;
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'atteinte portée à sa liberté fondamentale d'exercer une profession et parce que du fait de sa situation irrégulière, il n'a pu honorer une proposition d'embauche, ne peut effectuer de virement sur son compte bancaire ni disposer d'une carte vitale ;
- la délivrance de la carte de séjour sollicitée est de plein droit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien né en 1990, après avoir obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, le 16 septembre 2022, a sollicité une demande de délivrance de plein droit d'une carte de séjour pluriannuelle, le 18 décembre 2023, sur la plateforme dématérialisée du ministère de l'intérieur et des outre-mer. Il s'est vu, depuis, successivement délivrer plusieurs attestations de prolongation de l'instruction de sa demande dont la dernière expirait le 17 mars 2024. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de Vaucluse de lui délivrer le titre sollicité dans un délai de quinze jours et de le mettre en possession, dans l'attente, d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande l'autorisant à travailler.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit-être prise dans les quarante-huit heures. En outre, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n'est, par elle-même, pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.
4. Pour justifier de l'urgence particulière à faire droit à sa demande, M. A soutient qu'il est porté atteinte à son droit d'exercer une profession, qu'il a été privé de la possibilité de répondre à une offre d'embauche, ne peut effectuer aucun versement sur son compte bancaire, souscrire à un abonnement téléphonique, ni disposer d'une carte vitale. Toutefois, tel qu'il a été dit au point 2, l'atteinte portée à son droit d'exercer une profession ne saurait caractériser, par elle-même, une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. De plus, les difficultés qu'il expose rencontrer sont relatives à la situation dans laquelle il se trouve depuis le 17 mars 2024. Enfin, il n'est pas établi qu'il doive, à très bref délai, répondre à une offre d'emploi. Au regard de ces divers éléments, la situation dont M. A fait état, qui perdure depuis près de trois mois, n'est ainsi pas de nature à caractériser une urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut d'urgence particulière, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 14 juin 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Nîmes, le 14 juin 2024,
Le greffier,
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