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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2402281

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2402281

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2402281
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juin 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet de Vaucluse de statuer sur sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les plus brefs délais et de lui délivrer, dans l'attente de sa décision, un récépissé.

Elle soutient que :

- elle a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 16 août 2023 complétée en novembre 2023 mais malgré ses relances, aucune décision n'a été rendue ;

- son titre de séjour a expiré et elle n'a pas reçu de récépissé de demande, de sorte qu'elle se trouve dans une situation administrative irrégulière entrainant la suspension de ses aides sociales et la plongeant dans une grande précarité ;

- l'inertie et le silence du préfet de Vaucluse porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la Constitution.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a déposé une demande de titre de séjour le 16 août 2023 qu'elle a complétée, à la demande du préfet de Vaucluse, en novembre 2023. Le 12 février 2024, les services de la préfecture de Vaucluse lui ont demandé de produire une pièce manquante que Mme B affirme avoir déjà produite. Malgré plusieurs relances successives, aucune décision ne serait intervenue et elle n'aurait pas été mise en possession d'un récépissé de dépôt de sa demande. Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de statuer à bref délai sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente de sa décision, un récépissé de dépôt.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit-être prise dans les quarante-huit heures. En outre, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n'est, par elle-même, pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.

4. Pour justifier de l'urgence particulière à faire droit à sa demande, Mme B soutient qu'elle se trouverait placée en situation irrégulière sur le territoire français, privée d'aides sociales et de possibilité de trouver un emploi et exposée à une précarité financière alors qu'elle est mère célibataire. Toutefois, il ne résulte pas des différentes pièces produites que la situation dont la requérante fait état, qui perdure d'ailleurs depuis plusieurs mois, serait de nature à caractériser une urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut d'urgence particulière, la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse

Fait à Nîmes, le 18 juin 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Nîmes, le 18 juin 2024,

La greffière,

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