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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2402310

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2402310

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2402310
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. C A et Mme B A, représentés par Me Faupin, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 28 février 2024 par laquelle le service de gestion comptable d'Uzes leur a notifié une saisie administrative à tiers détenteur effectuée auprès de l'agent comptable de l'agence de services et de paiement (ASP) pour un montant de 43 864,94 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'association syndicale autorisée (ASA) du Canal d'irrigation de Beaucaire une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur recours est recevable ;

- la condition d'urgence est remplie au regard de la somme dont ils ont été saisis, de l'état de stress que cela engendre et de la situation médicale et psychologie de Mme A ;

- ils ne sont pas redevables de la redevance fixée par l'association syndicale autorisée du canal d'irrigation de Beaucaire dès lors qu'ils ne détiennent pas de parcelles dans le périmètre de l'association et n'utilisent pas l'eau issue du canal ;

- à supposer qu'ils soient redevable d'une redevance, la saisie administrative est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle met à leur charge une somme correspondant à 36 hectares.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 18 juin 2024 sous le numéro 2402309 par laquelle M. et Mme A demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A, agriculteurs à Beaucaire (30300), sont soumis, depuis 2016, à la redevance fixée par l'ASA du canal d'irrigation de Beaucaire. En l'absence de paiement de cette redevance, le service de gestion comptable d'Uzès a notifié aux requérants, par décision du 28 février 2024, une saisie administrative à tiers détenteur effectuée auprès de l'agent comptable de l'agence de services et de paiement (ASP) pour un montant de 43 864,94 euros. M. et Mme A demandent la suspension de cette saisie administrative à tiers détenteur.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour établir l'urgence qu'il y a à statuer sur leur demande de suspension de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 28 février 2024, M. et Mme A soutiennent que cette condition est remplie en raison du montant même de la saisie administrative, qui s'élève à 43 864,94 euros, les plaçant dans une situation de détresse, leurs comptes étant bloqués. Ils ajoutent qu'ils se trouvent dans une situation de stress aigu en raison de l'état de santé de Mme A. Toutefois, par les pièces qu'ils produisent, M. et Mme A ne justifient nullement que le montant de la somme exigée, certes conséquente, les placerait dans une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence exigée par lesdites dispositions ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter, en toutes ses conclusions, la requête de M. et Mme A selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Mme B A et à l'association syndicale autorisée du canal de Beaucaire.

Fait à Nîmes, le 25 juin 2024.

Le juge des référés,

P. PERETTI

La République mande au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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