mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402324 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 19 et 20 juin 2024, la cooperative agricole Provence Languedoc, représentée par Me Coque, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension des arrêtés n°24 DST 276 du 3 avril 2014 et 24 DST 431 du 31 mai 2024 par lesquels le maire de la commune de Pertuis a interdit la circulation aux véhicules de plus de 3,5 tonnes sur plusieurs voies communales, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pertuis une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 7611 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mesure contestée, qui l'empêche d'exercer son activité, porte atteinte à la liberté d'entreprendre et la liberté du commerce et lui fait perdre 2 500 000 euros de chiffre d'affaires et 1 456 000 de marge ;
- dès lors que la desserte du silo de Pertuis n'est plus accessible aux camions de plus de 3,5 tonnes, la mesure contestée revient à en interdire purement et simplement l'accès ; la mesure porte ainsi atteinte à la liberté d'aller et venir des clients de la CAPL, qui ne peuvent plus amener leurs céréales pour stockage et ensachage ;
- la mesure porte également atteinte au droit à l'emploi puisqu'elle va la contraindre à licencier 5 personnes ;
- la décision est entachée d'incompétence en l'absence de justification d'une délégation régulièrement publiée et de précisions quant aux fonctions déléguées ;
- la mesure n'est pas justifiée par une nécessité d'ordre public alors qu'elle porte atteinte à son activité économique ;
- la mesure contestée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, la commune de Pertuis, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conditions du référé liberté ne sont pas remplies ;
- les conclusions sont tardives s'agissant de l'arrêté pris le 3 avril 2024 et affiché le 8 avril suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique, M. Peretti a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Coque, représentant la coopérative agricole Provence Languedoc, qui reprend ses écritures et indique que l'une des activités de la coopérative consiste en la gestion du silo de stockage situé à Pertuis et à l'ensachage de céréales, et ajoute que tous les camions accédant à ce silo sont lourds ;
- les observations de Me Pontier, représentant la commune de Pertuis, qui reprend ses écritures.
Une note en délibéré et deux mémoires ont été enregistrés le 20 juin 2024 à 17h35 et 18h07 et le 21 juin 2024 à 9h28 pour la coopérative agricole Provence Languedoc.
La clôture de l'instruction a été fixée au 21 juin 2024 à 10h.
La commune de Pertuis a produit un mémoire en réplique le 21 juin 2024 à 15h50.
Considérant ce qui suit :
1. Par un premier arrêté du 3 avril 2024, le maire de la commune de Pertuis a interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes l'accès à la rue Léon Arnoux et Paul Arène. Par un second arrêté du 31 mai 2024, le maire de la commune de Pertuis a interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes l'accès à la rue Saint-Roch située sur cette commune. Par la présente requête, la coopérative agricole Provence Languedoc, qui possède un silo sis 243 rue Léon Arnoux à Pertuis, demande la suspension de ces arrêtés.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. Par les pièces qu'elle a produit dans le cadre de sa requête ainsi que celles produites postérieurement à la tenue de l'audience, parmi lesquelles on trouve l'état du tonnage du silo de Pertuis pour l'année 2023, plusieurs attestations d'agriculteurs indiquant qu'il leur est impossible de livrer leur moisson sur le site de Pertuis, une présentation du silo de Pertuis ainsi qu'une fiche des caractéristiques techniques d'un caisson céréalier et l'une des pages d'un guide de bonnes pratiques d'hygiène, la coopérative agricole Provence Languedoc n'établit pas l'urgence qu'il y aurait à ce que le juge des référés rende une décision dans le délai très bref de 48 heures.
4. Par suite, il y a lieu de rejeter la présente requête, en ce comprises les conclusions à fin de suspension et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la cooperative agricole Provence Languedoc est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la coopérative agricole Provence Languedoc et à la commune de Pertuis.
Fait à Nîmes, le 25 juin 2024.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026