vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402360 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 et 24 juin 2024, M. B A, représenté par Me El Aniou, doit être regardé, en l'état de ses dernières écritures, comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions des articles L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour le 4 juillet 2023 ;
- il a été mis en possession d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande qui expirait le 8 janvier 2024 puis d'une seconde valable jusqu'au 7 mai 2024 ;
- malgré plusieurs demandes en ce sens le préfet de Vaucluse ne lui a pas délivré une nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
- l'ordonnance du juge des référés rendue le 11 juin 2024, notifiée le 14 juin suivant, a enjoint au préfet de Vaucluse de lui délivrer une attestation de prolongation de sa demande de renouvellement dans un délai de quarante-huit heures mais n'a pas été exécutée malgré ses relances ;
- le contrat à durée indéterminée à temps plein pour l'emploi qu'il occupe a été suspendu du fait de sa situation irrégulière sur le sol français, il est privé de revenus et risque un licenciement à très bref délai ;
- il est ainsi porté à atteinte à sa liberté d'aller et venir et celle d'exercer une activité professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n° 2402191 du tribunal administratif de Nîmes du 11 juin 2024 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné à M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, a été entendu, au cours de l'audience publique tenue le 27 juin 2024, en présence de Mme Noguero, greffière d'audience, le rapport de M. Roux, juge des référés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité comorienne, a bénéficié de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée de deux ans, dont la validité expirait le 7 septembre 2023. Il a déposé sur la plateforme numérique du ministère de l'intérieur et des outre-mer une demande de renouvellement de ce titre le 4 juillet 2023 et s'est vu remettre deux attestations successives de prolongation de l'instruction de cette demande, dont la dernière expirait le 7 mai 2024. Malgré les demandes répétées qu'il a effectuées, aucune nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ne lui a été délivrée. Par ordonnance n° 2402191 du 11 juin 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes, saisi par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de Vaucluse de lui délivrer, dans un délai de quarante-huit heures, une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler d'une durée de validité de trois mois. M. A demande au juge des référés de réitérer l'injonction en cause et de l'assortir d'une astreinte de 500 euros par jour de retard.
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
3. Si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'ordonnance susvisée du 11 juin 2024, rendue sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en raison de l'extrême urgence de la situation de M. A eu égard à l'atteinte manifestement illégale portée à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit d'exercer une activité professionnelle, a été notifiée au préfet de Vaucluse le 12 juin 2024 et que, par suite, conformément aux prescriptions de l'article 1er de son dispositif, cette autorité disposait d'un délai de quarante-huit heures pour délivrer à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle. Or, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de Vaucluse aurait exécuté cette ordonnance malgré la demande qui lui a été adressée en ce sens par M. A, par courriel du 14 juin 2024, ni suite à la communication de la présente procédure introduite devant le juge des référés au cours de laquelle il n'a produit ni mémoire en défense, ni pièce. Au regard de ces nouveaux éléments, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Vaucluse de délivrer à M. A une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de Vaucluse de délivrer à M. A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes le 28 juin 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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