mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LORION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juin 2024, M. A C, retenu au centre de rétention administrative de Nîmes, demande au tribunal :
1°) de bénéficier d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue bosniaque ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge du préfet du Var une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde de l'Homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle a pour effet de le séparer de sa compagne et de ses deux enfants présents sur le territoire français ;
La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée en ce qu'elle emploie une formule stéréotypée quant à l'absence de risques contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme en cas de retour dans son pays ;
- est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La décision portant interdiction de retour :
- est insuffisamment motivée en ce que le préfet n'a pas justifié son choix de ne pas faire application de circonstances humanitaires pour s'abstenir d'édicter cette décision ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée au regard de sa situation personnelle dès lors qu'elle l'empêchera de voir ses enfants durant deux ans et anéantira ainsi sa vie familiale.
La direction départementale de la police aux frontières du Gard a produit des pièces, enregistrées le 22 juin 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L. 614-9 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Lorion, représentant M. C, qui reprend ses écritures et indique qu'en raison de sa qualité de bosniaque, il risque pour sa vie en cas de retour ;
- le préfet du Var n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant de nationalité bosnienne né le 17 novembre 1997 à Tuzla (Bosnie Herzégovine), est entré irrégulièrement en France à une date indéterminée. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 11 juillet 2023, confirmée par une décision du 29 novembre 2023 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). M. C, incarcéré jusqu'au 21 juin 2024 pour des faits de recel de bien, a fait l'objet, par arrêté du préfet du Var en date du 19 juin 2024, d'un refus de titre de séjour, d'une obligation de quitter le territoire sans délai dont le préfet a fixé la destination et d'une interdiction de retour de deux ans. M. C demande l'annulation de cet arrêté et à ce qu'il soit enjoint au préfet du Var de réexaminer sa situation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
2. M. B D qui a signé l'arrêté attaquée, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet du Var en date du 12 avril 2024 régulièrement publiée le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Var n°156, à l'effet notamment de signer les décisions en matière de police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.
3. Si M. C soutient que la mesure contestée le séparerait de sa famille dès lors que sa femme et ses deux enfants vivraient en France, ce qu'il ne démontre pas, il n'est pas contesté qu'il a été incarcéré du 14 novembre 2023 au 21 juin 2024 au centre pénitentiaire de Toulon pour des faits de recel de bien provenant d'un vol par escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt. De plus, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où vivent ses parents et où serait né son dernier enfant. Par suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, notamment des conditions de séjour en France de M. C, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
4. En premier lieu, M. C, qui n'a pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
5. En second lieu, la décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et vise notamment la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la circonstance que la mesure envisagée ne contrevient pas à l'article 3. La décision mentionne également la nationalité de l'intéresse et si, à la barre, le requérant soutient craindre pour sa vie en cas de retour en Bosnie en raison de sa qualité de bosniaque, il n'établit pas être effectivement exposé à un risque de traitement inhumain ou dégradant en cas d'éloignement. Par suite, le préfet du Var n'était pas tenu d'étayer davantage la motivation de cette décision. Elle est, en conséquence, suffisamment motivée.
Sur la décision portant interdiction de retour :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
7. M. C ne justifie pas de circonstances humanitaires qui n'auraient pas été prises en compte dans l'arrêté en litige. Dans ces conditions, cette décision n'est pas entachée d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit.
8. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C est entré sur le territoire irrégulièrement et à une date indéterminée. Il n'a pas effectué de démarches administratives en vue de sa régularisation et a été condamné le 15 novembre 2023 à une peine d'un an d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Toulon pour des faits de recel de bien. S'il soutient être marié et avoir deux enfants qui vivent en France, il ne le démontre pas, alors qu'il ressort également des pièces du dossier qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays où résident ses parents et où serait né son deuxième enfant. Dans ces circonstances, le préfet du Var n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté contesté du 19 juin 2024. Par voie de conséquence ses conclusions à fins d'injonction et de condamnation de l'État sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet du Var et à Me Lorion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. PERETTILa greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026