jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402394 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2024, M. C A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Vaucluse a refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour, d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de condamner l'Etat au versement d'une somme de 720 euros au titre des frais non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet de Vaucluse par son inertie refuse implicitement depuis fin août 2023 de renouveler son autorisation provisoire de séjour en violation du jugement du 28 mars 2023 du tribunal administratif de Nîmes devenu définitif ; la condition de l'atteinte grave et manifestement illégale portée par le préfet de Vaucluse, dans l'exercice de ses pouvoirs, à une liberté fondamentale, celle d'aller et venir et de travailler, ainsi que le droit de mener une vie privée et familiale normale, est donc remplie ;
- le préfet, qui bénéficie de moyens humains et financiers suffisants n'a pas réexaminer sa situation dans le délai de deux mois suivant le jugement précité et plus de quinze mois plus tard n'a toujours pas statué sur cette demande ;
- l'atteinte grave et manifestement illégale procède du refus implicite du préfet de Vaucluse d'exécuter le jugement susmentionné en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour et constitue une violation de l'autorité de chose jugée ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation et aux intérêts qu'il entend défendre ; s'agissant d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour, la condition d'urgence est en principe constatée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné Mme Conesa-Terrade, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ghanéen né le 11 mai 1987, titulaire d'un titre de séjour résident de longue durée UE valable jusqu'au 14 mai 2027 délivré par les autorités italiennes, a sollicité, par un courrier reçu le 29 septembre 2022 par la préfète de Vaucluse, son admission au séjour au titre des dispositions des articles L. 426-11, L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 décembre 2022, la préfète de Vaucluse a rejeté cette demande de titre de séjour, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de l'éloignement. M. A a demandé au tribunal d'annuler cet arrêté. Par un jugement n° 2300061 du 28 mars 2023, le tribunal a annulé cet arrêté pour erreur de fait quant au caractère tardif de sa demande de titre de séjour et a enjoint à la préfète de Vaucluse de procéder au réexamen de la demande de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour. M. A soutient que malgré plusieurs relances successives, aucune décision n'est intervenue et qu'il n'a pas été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'annuler la décision implicite de refus du préfet de Vaucluse de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, d'enjoindre cette autorité administrative de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit-être prise dans les quarante-huit heures. En outre, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n'est pas, par elle-même, de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.
4. Pour justifier de l'urgence particulière à faire droit à sa demande, M. A soutient que le refus implicite du préfet de Vaucluse, en violation de l'autorité absolue de la chose jugée, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en exécution du jugement du tribunal de céans du 28 mars 2023 préjudicie à sa situation et aux intérêts qu'il entend défendre et porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté fondamentale d'aller et venir et de travailler, ainsi qu'à son droit de mener une vie privée et familiale normale. Toutefois, il ne résulte pas des différentes pièces produites que la situation dont le requérant fait état, qui perdure d'ailleurs depuis plusieurs mois, serait de nature à caractériser une urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut d'urgence particulière, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 27 juin 2024.
La juge des référés,
E. CONESA-TERRADE
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Nîmes, le 27 juin 2024,
La greffière,
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