mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 5 juin 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a rejeté sa demande d'aide financière au titre du fonds départemental unique de solidarité pour le logement, afin de financer l'avance de son premier mois de mois de loyer.
Elle soutient que :
- cette aide financière lui a déjà été accordée alors qu'elle se trouvait dans les mêmes circonstances ;
- ses ressources ne lui permettent pas de payer le dépôt de garantie d'un montant de 362 euros, son loyer de 490 euros, ni de financer ses frais de déménagement.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, le département du Gard, représenté par sa présidente en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le financement d'avance du premier mois de loyer est accordé au locataire dont les droits aux aides au logement ne sont pas encore ouverts ;
- Mme A ne peut solliciter le financement d'avance de son premier mois de loyer alors qu'elle bénéficiait, à la date de sa demande, d'aides au logement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement ;
- le décret n° 2005-212 du 2 mars 2005 relatif au fonds départemental unique de solidarité pour le logement ;
- le règlement intérieur du fonds départemental unique de solidarité pour le logement du département du Gard ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience du 3 décembre 2024, qui s'est tenue en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a demandé, auprès des services du département du Gard, le bénéfice d'une aide financière au titre du fonds de solidarité pour le logement afin de financer d'avance son premier mois de loyer. Par une décision du 5 juin 2024, la présidente du conseil départemental du Gard a rejeté sa demande au motif qu'elle ne remplit pas les conditions d'octroi de l'aide dès lors que ses droits aux aides pour le logement étaient déjà ouverts.
2. Aux termes de l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 modifiée visant à la mise en œuvre du droit au logement : " () Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant ou s'y maintenir et pour y disposer de la fourniture d'eau, d'énergie et de services téléphoniques ()". Aux termes de l'article 6 de cette loi : " Il est créé dans chaque département un fonds de solidarité pour le logement. Le fonds de solidarité accorde, dans les conditions définies par son règlement intérieur, des aides financières sous forme de cautionnements, prêts ou avances remboursables, garanties ou subventions à des personnes remplissant les conditions de l'article 1er et qui entrent dans un logement locatif ou qui, étant locataires, sous-locataires ou résidents de logements-foyers, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement du loyer, des charges et des frais d'assurance locative, ou qui, occupant régulièrement leur logement, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement des fournitures d'eau, d'énergie et de services téléphoniques () ". Aux termes de l'article 6-1 de ladite loi : " Le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement définit les conditions d'octroi des aides conformément aux priorités définies à l'article 4, ainsi que les modalités de fonctionnement et de gestion du fonds () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 2005-212 du 2 mars 2005 : " Le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement et les règlements intérieurs des fonds locaux créés en application de l'article 7 de la loi du 31 mai 1990 susvisée précisent les conditions dans lesquelles ces fonds mettent en œuvre les dispositions des articles 6, 6-1 et 6-2 de la loi précitée () ".
3. Dans le cadre du fonds départemental unique de solidarité pour le logement prévu par l'article 6 de la loi susvisée du 31 mai 1990, les personnes qui rencontrent de graves difficultés pour faire face à leurs obligations locatives ou pour régler leurs charges peuvent se voir allouer par les départements des aides financières dont les conditions d'octroi sont fixées par un règlement intérieur adopté par chaque conseil départemental concerné.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande tendant au bénéfice d'une aide de cette nature, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais de se prononcer lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
5. Aux termes du chapitre III. 1. 1/ b/ intitulé " Le premier mois de loyer " du règlement du fonds de solidarité pour le logement du Gard de février 2023 : " La prise en charge du premier mois de loyer permet au locataire d'accéder à un logement alors que son droit à une aide au logement n'est pas encore ouvert ou durant le délai de transfert de l'aide au logement (entre département ou entre organisme payeur). () Ainsi la prise en charge du premier mois de loyer (hors loyers, garage, annexes) ne pourra être accordée que : / Dans le cadre d'un accès à un premier logement. / Dans le cas d'une ouverture de droit à une allocation suite à un changement de situation (ex : séparation) () ".
6. Pour rejeter la demande de Mme A, la présidente du conseil départemental du Gard s'est fondée sur la circonstance que l'intéressée percevait, à la date de sa demande, des aides au logement et qu'ainsi, elle ne relevait pas de l'aide financière tendant au paiement d'avance du premier mois de loyer. Mme A n'a pas produit le relevé de ses prestations d'aide au logement à la date de sa demande et ce, malgré une mesure d'instruction en ce sens adressée par le greffe le 30 octobre 2024. Dans ces conditions, elle n'établit pas ne pas avoir perçu de prestations d'aides au logement à la date de son entrée dans son nouveau logement.
7. Par ailleurs, Mme A se prévaut d'une décision du 1er juin 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard lui a accordé une aide financière d'un montant de 432,38 euros. Néanmoins, le fonds de solidarité pour le logement est un dispositif subsidiaire dont les aides financières sont destinées à accompagner les ménages en difficulté et n'ont ainsi pas vocation à créer un droit. Dès lors, la circonstance que la présidente du conseil départemental du Gard lui a précédemment accordé une aide financière au titre du fonds de solidarité pour le logement est sans incidence sur le litige en cours.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 juin 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Gard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La magistrate désignée,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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