lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 4 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal administratif de Nîmes la requête de Mme B D enregistrée le 2 juillet 2024.
Par cette requête, enregistrée le 5 juillet 2024 sous le n° 2402621, Mme B D, représentée par Me Betrom, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 14 768,80 euros à valoir sur la réparation des conséquences de son accident de service du 19 septembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime le 19 septembre 2019 d'un accident de service dont la date de consolidation a été fixée au 16 février 2022 avec un taux d'incapacité permanente partielle de 5 % ;
- elle est en droit de solliciter la réparation de ses préjudices extra-patrimoniaux tels qu'exposés dans le rapport d'expertise du 5 février 2024, qui ne sont pas sérieusement contestables ;
- le montant de ses préjudices extra-patrimoniaux s'élève à la somme globale de 14 768,80 euros qui se décompose comme suit :
* 90 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total ;
* 2 476,80 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel ;
* 7 202 euros au titre des souffrances endurées ;
* 500 euros au titre du préjudice esthétique définitif ;
* 4 500 euros au titre du préjudice d'agrément.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à ce que le tribunal fasse droit à la demande de provision présentée par Mme D à hauteur de 6 613 euros.
Il fait valoir que la créance n'est non sérieusement contestable qu'à hauteur de 6 613 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, brigadier-chef affectée à l'école nationale de la police de Nîmes, a été victime le 19 septembre 2019 d'une fracture du poignet du droit reconnue comme accident de service. Par une ordonnance n° 2302212 du 1er septembre 2023, le tribunal a ordonné une expertise médicale en vue de déterminer les différents préjudices personnels et patrimoniaux découlant de l'accident de service de l'intéressée. Par une ordonnance n° 2303140 du 7 décembre 2023, le tribunal a condamné l'Etat à verser à Mme D la somme provisionnelle de 5 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent. Par la présente requête, Mme D demande au juge des référés de condamner l'Etat à lui verser une indemnité provisionnelle de 14 768,80 euros au titre d'autres chefs de préjudice.
Sur l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'exécution de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. D'autre part, les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font, en revanche, obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité.
4. Il est constant que l'accident dont Mme D a été victime le 19 septembre 2019 a été reconnu imputable au service. Dans ces conditions, l'existence de l'obligation de l'Etat envers Mme D présente un caractère non sérieusement contestable au sens des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
5. Dans le cadre de l'expertise ordonnée par le tribunal, le docteur C A, chirurgien orthopédiste, a établi un rapport le 5 février 2024 après examen de l'intéressée. Il a retenu l'existence d'un déficit fonctionnel temporaire total les 27 et 28 septembre 2019 et le 12 juin 2020, ainsi que l'existence d'un déficit fonctionnel temporaire partiel du 29 septembre au 30 octobre 2019 à hauteur de 25 %, du 1er novembre 2019 au 11 juin 2020 à hauteur de 10 %, du 13 au 20 juin 2020 à hauteur de 25 % et enfin à hauteur de 8 % du 1er juillet 2020 au 16 février 2022, date retenue pour la consolidation de son état de santé. Les souffrances endurées par Mme D ont été estimées à 3,5 sur une échelle de 1 à 7 imputables à 90 % à l'accident de service. Le préjudice esthétique permanent, constitué par la présence de deux cicatrices sur le poignet, a été estimé à 0,5 sur 7.
6. Eu égard à l'ensemble des préjudices rappelés ci-dessus dont la réparation est demandée à titre provisionnel, la créance de Mme D doit être regardée comme revêtant un caractère de certitude suffisant à hauteur d'une somme de 1 200 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, d'une somme de 5 400 euros au titre des souffrances endurées et d'une somme de 500 euros au titre du préjudice esthétique.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à payer à Mme D une indemnité provisionnelle de 7 100 euros à valoir sur la réparation du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées et du préjudice esthétique.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme D une provision de 7 100 euros.
Article 2 : L'Etat versera à Mme D la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au Dr C A, expert.
Fait à Nîmes, le 28 octobre 2024.
La juge des référés,
C. CHAMOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026