lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP BRUN CHABADEL EXPERT PITON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. E C et Mme F A épouse C, représentés par Me Bonhommo, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner tel expert de son choix pour déterminer l'origine et l'étendue des désordres subis suite aux ruissellements des eaux pluviales sur leur résidence.
Ils soutiennent que :
- en 2023, leur propriété est inondée par des eaux de pluie ruisselant depuis les fonds voisins, endommageant leur façade et l'intérieur de leur rez-de-chaussée ;
- de par la proximité avec la route départementale 942, ils ont d'abord prévenu le conseil départemental de Vaucluse, qui a procédé au curetage de l'avaloir en bordure de chaussée ;
- le cabinet Eurexo a réalisé une expertise révélant que le ruissellement des eaux pluviales provient des collines opposées et que l'évacuation des eaux a été modifiée par les services du département en 2016 et 2018 ; le rapport envisage la responsabilité du service routier départemental de Vaucluse au titre de l'article 640 du code civil du fait des modifications apportées au fossé engendrant un afflux d'eau conséquent lors de fortes pluies ainsi que celle de la municipalité de Mormoiron sur le non-traitement des eaux pluviales en amont de l'avaloir du canal du Moulin ;
- ni la commune de Mormoiron ni le conseil départemental de Vaucluse n'ont entendu intervenir afin de prendre les dispositions nécessaires visant à prévenir de nouveaux désordres ;
- ils avaient déjà réalisé des travaux de terrassement à leur frais afin qu'une partie de l'eau pluviale se dirige dans le ruisseau, mais ils sont insuffisants ;
- suite à un devis, les travaux de reprises ont été chiffrés par la société Resilians à la somme de 9 028,68 euros ;
- d'après l'expert, la solution serait " de créer un nouvel avaloir canalisé jusqu'à déversement dans le ruisseau en bas de versant ", néanmoins cette solution serait à envisager avec les services municipaux et départementaux puisque la départementale serait sujette à des travaux de voirie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, le département de Vaucluse, représenté par la SCP BCEP Avocats associés, indique ne pas s'opposer à ce qu'il soit fait droit de cette demande, sous les plus expresses protestations et réserves quant à l'engagement de sa responsabilité mais demande à ce que la mission confiée à l'expert soit complétée pour qu'il évalue, en cas de responsabilités multiples, la part de chacune de ces responsabilités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, la commune de Mormoiron, représentée par Me Lhotellier, indique ne pas s'opposer à ce qu'il soit fait droit de cette demande, sous les plus expresses protestations et réserves quant à l'engagement de sa responsabilité mais demande à ce que la mission de l'expert soit complétée.
Elle fait valoir que la mise en cause des propriétaires des parcelles riveraines de l'ancien canal du Moulin, Mme H, propriétaire des parcelles cadastrées section BH n°43 et 402 et M. B, propriétaire de la parcelle cadastrée section BH n°458, serait utile dès lors qu'ils ont participé à l'expertise contradictoire organisée par le cabinet ELEX le 31 août 2023, laquelle avait retenu, parmi les causes des inondations, un défaut d'entretien du canal par ses propriétaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise demandées par M. C et Mme A entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à leur demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la mise en cause de Mme H et de M. B :
3. Aux termes de l'article R.532-3 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées ()".
4. Il résulte de l'instruction que Mme H, propriétaire des parcelles cadastrées section BH n°43 et 402, et M. B, propriétaire de la parcelle cadastrée section BH n°458 ont déjà participé à l'expertise contradictoire organisée par le cabinet ELEX le 31 août 2023 qui avait d'ailleurs relevé, parmi les causes des inondations, un défaut d'entretien du canal par ses propriétaires. La présence aux opérations d'expertise de Mme H et de M. B demandée par la commune de Mormoiron présente un caractère utile. Par suite, rien ne s'oppose à ce que la mission d'expertise leur soit étendue.
O R D O N N E :
Article 1er : M. D G domicilié 466 chemin du Colombier à Orange (84100), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer et prendre connaissance de toutes pièces utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) se rendre sur les lieux au 695 B, route de Carpentras à Mormoiron (84570) en présence de l'ensemble des parties ;
3°) décrire la situation des lieux, y compris l'état actuel de la route départementale 942, des dépendances et accessoires, son réseau de gestion des eaux pluviales et l'état du fossé la longeant ayant pour office de recueillir les eaux pluviales, dire s'ils sont atteints d'un défaut de conception ou d'entretien ; décrire l'état actuel de l'ancien canal du Moulin, dire s'il est suffisamment entretenu et si son office actuel est conforme à l'usage auquel il est destiné ;
4°) décrire la nature et l'étendue des désordres affectant la résidence de M. C et Mme A, notamment au regard de l'écoulement des eaux pluviales ;
5°) décrire les travaux qui ont été réalisés sur la route départementale 942, en précisant leur auteur, leur date, leur consistance, ainsi que leurs conséquences sur le réseau de gestion des eaux pluviales ; dire si ces travaux ont été réalisés conformément aux règles de l'art ;
6°) donner tous les éléments utiles d'appréciation, accompagné d'un avis motivé, sur la ou les causes des désordres constatés et, en cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;
7°) fournir au juge tous les éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices subis par M. C et Mme A et, notamment, l'évaluation du coût et de la durée des travaux nécessaires à réparer les désordres ;
8°) donner tous les éléments permettant de déterminer les responsabilités encourues.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. C, Mme A, de Mme H, de M. B, de la commune de Mormoiron et du département de Vaucluse.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires avant le 14 septembre 2025, dont un exemplaire sous format numérique. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Les frais et les honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C, à Mme F A épouse C, à la commune de Mormoiron, au département de Vaucluse, à Mme H, à M. B et à M. D G, expert.
Fait à Nîmes, le 3 février 2025.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce que le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026