mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | REBOLLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 22 juillet 2024, M. A D, représenté par Me Rebollo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la gravité des effets de cette décision sur sa situation personnelle ;
- la décision attaquée est dépourvue de base légale eu égard aux dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Aymard, magistrat désigné,
- les observations de Me Rebollo, qui reprend en les développant les moyens de la requête ;
- les observations de M. D, assisté de Mme C, interprète en serbe ;
- le préfet de Vaucluse n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, né le 15 mars 1966, a fait l'objet d'un arrêté du 27 novembre 2020 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a expulsé du territoire français. Dans le cadre de l'exécution de cet arrêté, le préfet de Vaucluse a pris, le 18 juillet 2024, à l'encontre de l'intéressé une décision fixant le pays de renvoi. M. D sollicite l'annulation de cette décision du 18 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de Vaucluse s'est fondé pour prononcer à l'encontre de M. D la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision en litige a été signée pour le préfet de Vaucluse par M. E B, sous-préfet chargé de mission auprès du préfet de Vaucluse. Par un arrêté du préfet de ce département du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. B a reçu délégation de signature à l'effet de signer notamment tous les actes, décisions et arrêtés en matière de police des étrangers, étant précisé qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme Roussely, secrétaire générale de la préfecture de Vaucluse, n'était pas absente ou empêchée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
5. En l'espèce, la décision attaquée énonce que M. D sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou dans lequel il établit être légalement admissible. Si le requérant fait valoir qu'il est apatride et qu'ainsi la décision attaquée méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est dépourvue de base légale, les pièces produites à l'instance par le requérant sont toutefois insuffisamment probantes pour établir que M. D ne serait pas de nationalité serbe, alors que le préfet de Vaucluse verse aux débats un certificat établi le 16 octobre 2006 par le service de l'état civil de la commune de Kralejvo selon lequel M. A D, né le 15 mars 1966, est citoyen de la République de Serbie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 721-4 précité et du défaut de base légale doit être écarté.
6. En quatrième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. D est le père de trois enfants, nées en France respectivement les 1er septembre 2004, 22 décembre 2005 et 12 juin 2007, le requérant ne justifie toutefois pas avoir conservé des liens avec ses enfants. Il ne justifie pas davantage avoir noué en France des attaches privées. Par ailleurs, selon les énonciations non contestées de l'arrêté du 27 novembre 2020 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a expulsé du territoire français, M. D s'est rendu coupable entre 2003 et 2011 de faits, notamment, de vols, de violence aggravée, de menace de mort réitérée, de proxénétisme aggravé, d'usage illicite de stupéfiants et d'agression sexuelle avec usage ou menace d'une arme. Enfin, le requérant n'établit pas être dépourvu d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la gravité des effets de cette décision sur sa situation personnelle.
7. En cinquième lieu, si le requérant invoque, dans sa requête, un moyen tiré de l'erreur de droit, ce moyen est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit, par conséquent, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la présente requête, que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 juillet 2024 qu'il conteste.
Sur le surplus des conclusions présentées par le requérant :
9. Dès lors que les conclusions à fin d'annulation du requérant sont rejetées, les conclusions de la requête à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées. Doivent également être rejetées les conclusions formées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
F. AYMARD
La greffière,
M.-E. KREMERLa République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402830
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026