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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2402900

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2402900

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2402900
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre magistrat statuant seul

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de Mme B, qui demandait l'annulation du refus implicite d'échange de son permis de conduire américain (Floride) contre un permis français. Le tribunal a jugé que la demande d'échange, déposée le 1er décembre 2023, était tardive. Conformément à l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012, le délai d'un an pour solliciter l'échange court à compter de la remise du premier titre de séjour, en l'espèce un visa long séjour valable du 6 septembre 2022 au 5 mai 2023. La date d'acquisition de la résidence normale étant le 28 novembre 2022, le délai expirait le 28 novembre 2023, rendant la demande du 1er décembre 2023 irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet du 15 juillet 2024 lui refusant l'échange de son permis de conduire délivré par l'Etat de Floride contre un permis de conduire français.

Elle soutient que :

- la preuve de sa résidence normale en France pour pouvoir débuter la procédure d'échange de son permis de conduire ne pouvait s'effectuer avec son premier titre de séjour qui n'était valable que du 28 novembre 2022 au 5 mai 2023 soit 159 jours, ce qui d'après l'article 3 de l'arrêté du 23 décembre 2016 ainsi que de l'article L. 313-10-1° du CESEDA n'équivaut pas à la validité nécessaire d'au moins 185 jours d'une carte de séjour pouvant prétendre à justifier une résidence normale sur le territoire français ;

- sa résidence normale n'étant établie qu'à partir de son titre de séjour valable du 27 octobre 2023 au 26 octobre 2024, sa demande d'échange de permis du 1er décembre 2023 n'est pas tardive.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le préfet de Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est tardive en ce que la requérante a confondu la date d'acquisition de sa résidence normale en France avec la date de début de validité de son visa.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange de permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union Européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- l'arrêté du 23 décembre 2016 relatif à la justification de l'identité, du domicile, de la résidence normale et de la régularité du séjour pour l'obtention du permis de conduire ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Peretti a lu son rapport et entendu :

- les observations de Mme B ;

- le préfet de Loire-Atlantique n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route applicable à la date de la décision contestée : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire (). Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé des transports, après avis du ministre de la justice, du ministre de l'intérieur et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé " ; aux termes du 4ème alinéa de l'article R. 222-1 du code de la route : " On entend par "résidence normale" le lieu où une personne demeure habituellement, c'est-à-dire pendant au moins 185 jours par année civile, en raison d'attaches personnelles ou d'attaches professionnelles ".

2. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " I. ' Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France.

II. ' A. ' Pour les ressortissants étrangers non- ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la remise du premier titre de séjour.

B. ' Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour valant titre de séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est la date de validation du visa au moyen du téléservice prévu par l'arrêté du 13 février 2019 relatif à la validation du visa long séjour valant titre de séjour, ou à défaut celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour valant titre de séjour. "

3. Il résulte de ces dispositions que la demande d'échange d'un permis étranger doit être présentée dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de la résidence normale en France qui, s'agissant des ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour, correspond à la date de validation du premier titre de séjour.

4. Il résulte de l'instruction, notamment du " relevé AGDREF " produit par le préfet de la Loire-Atlantique, que le premier titre de séjour remis à Mme B le 28 novembre 2022 est un visa long séjour en qualité de " travailleur temporaire ", valable du 6 septembre 2022 au 5 mai 2023. Dans ces conditions, la délivrance de ce titre de séjour faisait courir le délai d'un an pour le changement de permis de conduire pour Mme B. Elle avait donc jusqu'au 28 novembre 2023 pour solliciter l'échange de son permis de conduire. Sa demande faite le 1er décembre 2023 est donc tardive.

5. Ainsi, le premier titre de séjour de la requérante a bien une validité de plus de 185 jours, et permet bien d'établir sa résidence normale sur le territoire français.

6. Si la requérante soutient que son titre de séjour était d'une durée de validité inférieure à 185 jours et qu'il ne lui permettait pas d'établir sa résidence normale en France, il apparait qu'elle confond date de validité et date de validation de son titre de séjour. Il résulte de l'instruction que si la date de validation de son titre de séjour correspond au 28 novembre 2022, sa période de validité courait du 6 septembre 2022 au 5 mai 2023, soit une durée de 241 jours. Cette durée étant supérieure à 185 jours, sa résidence normale sur le territoire français était donc établie.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

P. PERETTILe greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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