mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2402967 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre le préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour et de lui expliquer ce retard délivrance ;
3°) de condamner l'Etat à lui indemniser le préjudice moral et financier subi en raison de ce retard.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnait l'article R. 431-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui impose la remise d'un récépissé de demande de titre autorisant sa présence durant son instruction ;
- il a subi un préjudice financier correspondant aux frais supplémentaires qu'il a exposés dans le cadre de l'entreprise qu'il gère.
M. B a été informé, le 30 juillet 2024, en application des dispositions de l'article L. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de ses conclusions indemnitaires en l'absence de réclamation préalable et de liaison du contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, a demandé le renouvellement de son titre de séjour auprès des services du préfet du Gard le 19 juillet 2023. Par son silence gardé durant quatre mois, le préfet du Gard a implicitement refusé de faire droit à cette demande. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision implicite lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'indemnisation des préjudices qu'il aurait subis.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne que comportant que () des moyens inopérants () ; ".
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
3. Les conclusions de M. B tendant à l'annulation du refus implicite de renouveler son titre de séjour sont fondées sur un moyen unique, tiré de ce qu'après dépôt de sa demande, le préfet du Gard ne lui aurait pas remis le récépissé correspondant, en méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le délai de recours ayant expiré et ce seul moyen invoqué à leur soutien étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, lesdites conclusions à fin d'annulation, et par conséquent celles présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable au litige : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
5. Le requérant sollicite le versement de dommages et intérêts visant à réparer le préjudice qu'il estime avoir subi du fait du délai pris par la préfecture du Gard pour l'admettre au séjour. Toutefois, et malgré l'information qui lui a été communiquée sur ce point sur le fondement de l'article L. 611-7 du code de justice administrative, le requérant n'a pas justifié avoir saisi l'administration d'une réclamation préalable tendant à son indemnisation, ni d'une décision ayant lié le contentieux à cet égard. Ses conclusions indemnitaires, au surplus non chiffrées, sont donc manifestement irrecevables et doivent être rejetées par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 1er octobre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026