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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403005

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403005

vendredi 23 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403005
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET BOURDON & ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. I et Mme D, agissant pour leur fils mineur M. B K, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2024 du ministre de l'intérieur. Cet arrêté imposait à M. K, sur le fondement des articles L. 228-1 et suivants du code de la sécurité intérieure, une interdiction de quitter sa commune, une obligation de présentation quotidienne en gendarmerie et d'autres mesures de surveillance pour trois mois. Le tribunal a jugé que la décision était régulièrement signée et motivée, que la procédure prévue à l'article L. 228-2 du même code avait été respectée, et que la mesure n'était pas disproportionnée au regard de la menace pour l'ordre public que représentait le comportement de l'intéressé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet et 18 août 2024, M. A I et Mme H D, agissant en tant que représentants légaux de leur fils M. B K, représentés par Me Brengarth, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juillet 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer, en application des articles L. 228-1 et suivants du code de la sécurité intérieure, a interdit à leur fils, M. B K, de se déplacer en dehors du territoire de la commune de Saint-Laurent-des-Arbres, l'a obligé à se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Laudun-l'Ardoise à 9h, à obtenir un sauf-conduit pour tout déplacement en dehors du périmètre géographique autorisé et à déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation, pour une durée de trois mois à compter de sa date de notification ;

2°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- la décision contestée ne permet pas, ainsi que le prévoit l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, de vérifier l'identité de son auteur ;

- la décision est entachée d'incompétence en l'absence d'indication du nom et de la qualité de son auteur ;

- il n'est pas démontré que la décision a été prise après respect des dispositions de l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure ;

- la mesure est disproportionnée ; d'une part elle porte une atteinte grave et manifestement illégale à la libre circulation des personnes dans l'espace européen en ce qu'elle empêche leur fils de se déplacer hors du territoire et par suite d'avoir des relations sociales avec ses amis domiciliés à Montpellier ; d'autre part, elle porte une atteinte grave à sa vie privée et familiale dès lors qu'elle l'empêche de rendre visite à ses proches qui vivent en dehors du territoire de sa commune, ne lui permet pas de bénéficier de vacances scolaires normales et impacte sa santé psychologique ; enfin, il n'a aucun moyen de se rendre à la brigade de gendarmerie tous les matins à 9h, et cela sera d'autant plus compliqué qu'à compter du 6 septembre 2024, date de sa rentrée des classes, il sera hébergé par ses grands-parents qui résident à Mireval dans l'Hérault ; la mesure a également pour conséquence de l'empêcher de se rendre au lycée durant plusieurs semaines alors qu'il n'est pas justifié de sa persistance après la tenue des jeux olympiques et paralympiques ;

- aucune des conditions de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure n'est remplie ; en effet, d'une part leur fils ne représente pas une menace pour la sécurité et l'ordre publics et d'autre part, s'il a été en contact avec des personnes pro-djihadistes, ça n'a jamais été volontaire ni lié à l'islam, mais uniquement par le biais de réseaux sociaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 aout 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Un mémoire complémentaire, enregistré le 13 août 2024, a été présenté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, auquel était jointe une copie de l'original de l'arrêté attaqué du 25 juillet 2024, qui justifie de l'identité de son signataire, de la signature de celui-ci et de la délégation de signature l'autorisant à signer cet arrêté. Il n'a pas été soumis au débat contradictoire en application des dispositions de l'article L. 773-9 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La rapporteure publique a été dispensé de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Peretti,

- et les observations de Me Ravon, représentant M. A I et Mme H D, agissant en représentants légaux de leur fils, qui reprend ses écritures ;

- le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 25 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a, sur le fondement des dispositions des articles L. 228-1 à L. 228-7 du code de la sécurité intérieure, pris à l'encontre de M. B K, ressortissant français né le 28 décembre 2007, une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance aux termes de laquelle il a interdiction de se déplacer sans autorisation préalable hors du territoire de la commune de Saint-Laurent-des-Arbres (Gard) pendant une durée de trois mois et doit, pendant la même durée, se présenter une fois par jour à la brigade de gendarmerie de Laudun-l'Ardoise. M. I et Mme D, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fils, M. B K, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. Toutefois, les décisions fondées sur des motifs en lien avec la prévention d'actes de terrorisme sont prises dans des conditions qui préservent l'anonymat de leur signataire. Seule une ampliation de cette décision peut être notifiée à la personne concernée ou communiquée à des tiers, l'original signé, qui seul fait apparaître les nom, prénom et qualité du signataire, étant conservé par l'administration ". Aux termes de l'article L. 773-9 du code de justice administrative : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 sont adaptées à celles de la protection de la sécurité des auteurs des décisions mentionnées au second alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Lorsque dans le cadre d'un recours contre l'une de ces décisions, le moyen tiré de la méconnaissance des formalités prescrites par le même article L. 212-1 ou de l'incompétence de l'auteur de l'acte est invoqué par le requérant ou si le juge entend relever d'office ce dernier moyen, l'original de la décision ainsi que la justification de la compétence du signataire sont communiqués par l'administration à la juridiction qui statue sans soumettre les éléments qui lui ont été communiqués au débat contradictoire ni indiquer l'identité du signataire dans sa décision ".

3. D'une part, l'arrêté attaqué ayant été pris pour des motifs liés à la prévention des actes de terrorisme, cette décision est au nombre de celles qui, en application des dispositions précitées, ne peuvent faire l'objet d'une notification que sous la forme d'une ampliation anonymisée. Dans ces conditions, M. I et Mme D ne peuvent utilement contester sa régularité au motif que l'ampliation qui a été notifiée à leur fils ne comportait pas les mentions visées par les dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

4. D'autre part, le ministre a produit, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article L. 773-9 du code de justice administrative, l'original de l'arrêté attaqué, qui revêt l'ensemble des mentions requises par le premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dont notamment l'identité et la signature de son auteur, lequel disposait d'une délégation régulière attribuée par le ministre de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République de Paris et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de : 1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; 3° Déclarer son lieu d'habitation et tout changement de lieu d'habitation () ".

6. La circonstance que le ministre de l'intérieur n'aurait pas informé le procureur de la République comme prévu par les dispositions précitées reste sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que cette information ne constitue pas une procédure préalable obligatoire conditionnant la légalité d'une telle mesure. En tout état de cause, le ministre produit une copie du mail adressé le 23 juillet 2024 par ses services au procureur de la République, par lequel ils l'informent de la mesure envisagée à l'encontre de M. B K. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure : " Aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme, toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l'intérieur les obligations prévues au présent chapitre ". Aux termes de l'article L. 228-2 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de : / 1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; / 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; / 3° Déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation. / () Les obligations prévues aux 1° à 3° du présent article sont prononcées pour une durée maximale de trois mois à compter de la notification de la décision du ministre. () ". Aux termes de l'article L. 228-5 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à toute personne mentionnée à l'article L. 228-1, y compris lorsqu'il est fait application des articles L. 228-2 à L. 228-4, de ne pas se trouver en relation directe ou indirecte avec certaines personnes, nommément désignées, dont il existe des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace pour la sécurité publique. Cette obligation tient compte de la vie familiale de la personne concernée. / L'obligation mentionnée au premier alinéa du présent article est prononcée pour une durée maximale de six mois à compter de la notification de la décision du ministre. Au-delà d'une durée cumulée de six mois, le renouvellement est subordonné à l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée de l'obligation prévue au premier alinéa du présent article ne peut excéder douze mois. L'obligation est levée dès que les conditions prévues à l'article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. () ".

8. Il résulte des dispositions de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure que les mesures qu'il prévoit doivent être prises aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme et sont subordonnées à deux conditions cumulatives, la première tenant à la menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics résultant du comportement de l'intéressé, la seconde aux relations qu'il entretient avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ou, de façon alternative, au soutien, à la diffusion ou à l'adhésion à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes.

9. Les requérants soutiennent que le ministre de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en retenant que, d'une part, le comportement de leur fils constituait une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics en lien avec le risque de commission d'actes de terrorisme et que, d'autre part, ce dernier entretenait des relations habituelles avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme. Toutefois, il ressort de la " note blanche " produite en défense, que, fin 2023, M. B K est entré en relation, notamment via les réseaux sociaux, avec des individus pro-jihadistes. Il s'est ainsi récemment montré proche de M. C E, lequel a fait l'objet de deux visites domiciliaires réalisées les 10 novembre 2023 et 9 avril 2024, en raison de sa radicalisation et de son ancrage dans la sphère pro-jihadiste, permettant la saisie de ses supports informatiques après découverte de leurs contenus pro-jihadistes. Entre novembre 2023 et mars 2024, M. K est également entré en contact virtuel avec M. F G, reconnu coupable, le 13 février 2024, par le tribunal pour enfants de J, des faits d'apologie publique d'un acte de terrorisme commise au moyen d'un service de communication au public en ligne. En outre, la note relève que le requérant a une activité numérique principalement axée sur la religion musulmane et se révèle être utilisateur des messageries cryptées. M. I et Mme D, qui n'ont jamais nié que leur fils a été en contact avec les personnes susmentionnées, n'apportent aucun élément permettant de remettre sérieusement en cause les éléments figurant dans la note de renseignements sur laquelle s'est fondé le ministre.

10. Dans ces circonstances, nonobstant les attestations de proches que produisent les requérants, faisant état de la vision pacifiste et respectueuse qu'a M. B K de l'islam, religion à laquelle il s'est converti lorsqu'il était au collège, et de sa personnalité douce et réservée, et alors que les éléments de la note de renseignement sur laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a fondé l'arrêté litigieux revêt un caractère précis et circonstancié et a été versée au contradictoire, le ministre de l'intérieur et des outre-mer pouvait légalement estimer qu'il existait des raisons sérieuses de considérer que le comportement de M. B K constituait une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qu'il entretenait des relations habituelles avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, alors même que la visite du domicile de ses grands-parents le 7 mai 2024 par les services de police, sur autorisation du juge des libertés et de la détention, a seulement permis de découvrir une réplique airsoft d'un fusil d'assaut de type M4. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le ministre au regard des dispositions de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. I et Mme D soutiennent que la mesure est disproportionnée dès lors que, tout d'abord, elle porte une atteinte à la liberté d'aller et venir et à la vie privée et familiale de leur fils B, qu'ensuite, ce dernier ne dispose pas des moyens de transport lui permettant de respecter son obligation de pointage quotidienne et, qu'enfin la durée de la mesure en litige excède celle des Jeux olympiques et paralympiques de Paris et l'empêche de se rendre au lycée durant des semaines. Toutefois, et ainsi qu'en attestent les écritures du ministre en défense ainsi que les arrêtés des 2 et 8 août 2024 par lesquels le ministre de l'intérieur et des outre-mer a autorisé M. B K à sortir du périmètre de la commune de Saint-Laurent-des-Arbres pour se rendre à divers rendez-vous, il lui est loisible, s'il l'estime nécessaire, notamment au motif de sa scolarisation à Montpellier ou du fait qu'il vive chez ses grands-parents durant l'année scolaire, d'obtenir un aménagement de ses obligations, par une modification des modalités de la mesure prise à son encontre. Par suite, et nonobstant la circonstance que M. B K n'a pas pu partir en vacances ou qu'il ne pourrait pas rendre visite à certains de ses proches, au demeurant non démontrée, et alors que par ailleurs rien n'interdit à ces derniers de lui rendre visite à son domicile ou sur le territoire de la commune de Saint-Laurent-des-Arbres et compte tenu du contexte de menace terroriste élevée liée notamment aux événements du Proche-Orient ainsi qu'au déroulement des Jeux olympiques et paralympiques en France, la mesure prise contestée, eu égards aux aménagements dont elle peut faire l'objet, ne peut être regardée, dans son principe, comme caractérisant une mesure disproportionnée au regard du but poursuivi par le ministre, ni comme méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ou la liberté d'aller et venir alors même qu'elle va au-delà du terme des Jeux olympiques et paralympiques pour soutenir que la mesure est disproportionnée.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. I et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 25 juillet 2024. Leurs conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. I et Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A I, à Mme H D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 août 2024, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président-rapporteur,

M. Parisien, premier conseiller,

M. Baccati, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe 23 août 2024.

Le président-rapporteur,

P. PERETTI

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

P. PARISIEN Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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