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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403312

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403312

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur une demande de suspension de la décision "48 SI" du 6 juin 2024 invalidant le permis de conduire de M. B pour solde de points nul, a constaté un non-lieu à statuer. Le juge a relevé que le ministre de l'intérieur avait crédité quatre points au permis de M. B suite à un stage de récupération, rendant sans objet la demande de suspension fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, l'ordonnance a mis fin à l'instance sur les conclusions principales et accessoires, tout en condamnant l'État à verser 800 euros à M. B au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 août 2024, M. A B, représenté par Me Pepin, doit être regardé comme demandant au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision référencée " 48 SI " du 6 juin 2024 constatant la perte de validité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui créditer un total de douze points sur son permis de conduire ;

3°) de constater la nullité des retraits de points affectant son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la décision attaquée est de nature à entrainer des conséquences irrémédiables sur sa situation professionnelle dès lors qu'il suit une formation de chauffeur-taxi et est en train de finaliser l'achat de sa licence, particulièrement onéreuse.

Sur le doute sérieux :

- il a effectué un stage de prévention routière les 13 et 14 juin 2024, soit avant réception de la décision " 48 SI " le 29 juin 2024 et doit ainsi bénéficier d'une majoration de quatre points sur son permis de conduire ;

- pour aucune des infractions visées par la décision 48 SI, il n'a reçu l'information préalable prévue par le code de la route ;

- en l'absence d'infraction sur une durée de deux ans, les points doivent lui être automatiquement restitués.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 aout 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut :

1°) à titre principal, au non-lieu à statuer ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les mentions relatives à la décision référencée 48 SI du 6 juin 2024 ont été retirées du relevé d'information intégral du requérant dès lors le stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué les 13 et 14 juin a été enregistré et a donné lieu à l'ajout de 4 points ;

- les moyens soulevés sont infondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 juillet 2024 sous le numéro 2402605 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Peretti, juge des référés, a lu son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Un mémoire a été produit pour M. B le 6 septembre 2024 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

2. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant édité le 30 août 2024, produit par le ministre de l'intérieur à l'appui de son mémoire en défense, que le permis de conduire de M. B a été crédité de quatre points le 27 août 2024 après le stage de récupération de points effectué par l'intéressé en juin 2024. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que son solde de point apparaisse toujours nul à raison du retrait de points lié à la commission d'autres infractions dont il n'avait pas été tenu compte, et qui justifieront selon le ministre la notification d'une nouvelle décision " 48 SI ", les conclusions aux fins de suspension présentées par le requérant sont devenues sans objet, l'office du juge des référés se bornant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à suspendre l'exécution d'une décision lorsqu'il existe une situation d'urgence et un doute sérieux sur sa légalité, mais non de se prononcer sur le fond de l'affaire. Il en est de même de la demande accessoire à fin d'injonction, dès lors que le juge des référés ne peut prescrire que des mesures provisoires. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais du litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision en date du 6 juin 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé le permis de conduire de M. B pour solde de point nul ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Nîmes, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

P. PERETTI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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