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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403581

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403581

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403581
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant marocain, d'une demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint de Français. En cours d'instance, le préfet du Gard a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction puis une carte de séjour pluriannuelle, abrogeant ainsi implicitement la décision contestée. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension, d'injonction et d'astreinte, et a condamné l'État à verser 500 euros à M. A au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représentée par Me Deixonne, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 27 juin 2024 par laquelle le préfet du Gard a refusé de renouveler son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gard de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement et en tout état de cause remplie au regard de sa situation personnelle ;

- son recours au fond est recevable ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il est le conjoint d'une ressortissante française avec laquelle la communauté de vie n'a pas cessé ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Le préfet a produit des pièces qui ont été enregistrées le 27 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête en annulation enregistrée sous le n° 2403579.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, en sa qualité de conjoint d'une française, a bénéficié de la délivrance de trois titres de séjour successifs dont le dernier expirait le 16 juin 2024. Il a déposé, le 27 février 2024, une demande de renouvellement de ce titre auprès du préfet du Gard. Du silence gardé par le préfet sur cette demande durant quatre mois est née une décision implicite de refus de renouveler le titre de séjour de M. A qui demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision implicite.

2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.

3. Il résulte de l'instruction que, suite à l'enregistrement du recours de M. A, le préfet du Gard lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, valable du 16 septembre au 15 décembre 2024 à l'effet de maintenir ouvert l'ensemble des droits attachés audit titre et, tel que cela ressort de la fiche AGDREF produite, a décidé de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle, éditée le 25 septembre 2024, valable du 26 septembre 2024 au 25 septembre 2026. Ce faisant, le préfet a ainsi implicitement mais nécessairement abrogé le refus de renouvellement implicite dont M. A demande la suspension de l'exécution. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions qu'il a présentées aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet du Gard, d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Gard.

Fait à Nîmes, le 21 octobre 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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