vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | FORTUNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. A B représenté par Me Fortunet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 août 2024 par lequel le préfet de Vaucluse lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les articles L. 423-23 et L. 424-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une présence continue sur le territoire français de cinq ans et d'une parfaite intégration ;
- subsidiairement, elle méconnaît les articles L. 421-5 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit toutes les conditions pour bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour ;
- cette décision doit être annulée conformément aux articles R. 431-12 et R.431-14 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sarac-Deleigne pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarac-Deleigne,
- les observations de Me Fortunet, représentant M. B qui persiste dans ses écritures et soulève un moyen nouveau tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-10 le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du caractère disproportionné de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français au regard de la durée de sa présence en France depuis cinq ans et demande en outre d'enjoindre au préfet de Vaucluse de délivrer un titre de séjour temporaire.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né le 16 septembre 1986, est entré en France le 20 janvier 2020 sous couvert d'un visa valable du 17 janvier 2020 au 16 avril 2020 et s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier valable du 30 juin 2020 au 29 juin 2023. Par un arrêté du 25 août 2023, le préfet de Vaucluse a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 11 juillet 2023, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé un pays de destination. Par une ordonnance du 30 mai 2024, la cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel formé par l'intéressé contre le jugement du tribunal du 2 janvier 2024 rejetant sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté. A la suite de son interpellation lors d'un contrôle routier, par un arrêté du 19 août 2024, le préfet de Vaucluse lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a signalé dans le système d'information Schengen. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. /Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B qui déclare être présent en France depuis janvier 2020, justifie avoir travaillé sur le territoire français en qualité d'ouvrier agricole, sous couvert d'une carte de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 30 juin 2020 au 29 juin 2023 et présente des bulletins de salaires pour la période de janvier 2020 à septembre 2022 puis de janvier à février 2023. Toutefois, l'intégration professionnelle dont il se prévaut ne résulte pour l'essentiel que de contrats saisonniers ne lui donnant le droit de séjourner et de travailler en France que pendant la ou les périodes d'activité d'une durée cumulée de six mois maximum par an, en lui imposant de maintenir sa résidence habituelle dans son pays d'origine. Par ailleurs, le requérant célibataire et sans charge de famille n'établit pas une insertion sociale particulière malgré la durée de séjour en France dont il se prévaut. Il ressort également des pièces du dossier que M. B s'est soustrait, à une précédente mesure d'éloignement prononcée par un arrêté du 25 août 2023 du préfet de Vaucluse. S'il se prévaut de la présence en France de son père, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine où résident sa fratrie. Ainsi, le requérant qui ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L.612-7 précité n'est pas fondé à soutenir qu'en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire national, le préfet de Vaucluse aurait fait une inexacte application dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ou porté une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale.
4. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement invoquer à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet, la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-23, L. 424-1 et suivants, L. 421-5 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission au séjour, lesquelles ne prévoient pas de délivrance de plein droit d'un titre de séjour alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait effectué une demande d'admission au séjour sur ces fondements. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
5. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 431-12 et R.431-14 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit par suite être écarté.
6. Il résulte de toute ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 août 2024 du préfet de Vaucluse doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Fortunet et au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La magistrate désignée,
B. SARAC-DELEIGNE
La greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026