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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403625

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403625

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403625
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté comme irrecevable la requête de M. B, qui contestait la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour par le préfet de Vaucluse. Le juge a relevé que la décision implicite était née le 17 septembre 2023 et que le délai de recours de deux mois, prorogé par une demande de communication des motifs, expirait le 21 janvier 2024. La requête, introduite le 17 septembre 2024, était manifestement tardive. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative, en application des articles R. 421-1, R. 421-5 du même code et L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Zerrouki, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2023 par laquelle le préfet de Vaucluse a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de dix jours à compter de cette même notification du jugement et sous la même astreinte ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Vaucluse de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de dix jours à compter de cette même notification et sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un courrier du 4 octobre 2024, le tribunal a informé le requérant, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement étant susceptible d'être notamment fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête, dès lors que celle-ci, introduite le 17 septembre 2024, est tardive.

Par un mémoire, enregistré le 10 octobre 2024, M. B a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux refus de délivrance des titres de séjour : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / () ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur une demande de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / (). " Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. () ". Aux termes de l'article L. 112-6 du même code : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour le 17 mai 2023 et s'est vu remettre, le 22 mai 2023, une attestation de dépôt de sa demande mentionnant les conditions dans lesquelles serait susceptible de naître une décision implicite de rejet ainsi que les voies et délais de recours contre une telle décision. Du silence gardé par l'autorité administrative durant les quatre mois suivant cette demande est née une décision implicite de rejet, le 17 septembre 2023, date à compter de laquelle a commencé à courir le délai de recours contentieux de deux mois. La demande de communication des motifs de la décision implicite adressée par courrier du 2 octobre 2023 reçu, selon les dires de M. B, le 20 octobre 2023 a prorogé le délai qui n'a commencé à courir que le 20 novembre 2023, au terme du silence gardé par l'autorité administrative dans le délai d'un mois prévu à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, et expirait donc le 21 janvier 2023. Par suite, sa requête enregistrée le 17 septembre 2024, après l'expiration dudit délai de recours contentieux, est manifestement tardive et irrecevable et doit être rejetée par application du 4° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 17 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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