lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Chabbert-Masson, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Gard a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, sous vingt-quatre heures à compter de cette notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est mariée à un ressortissant espagnol titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 24 mai 2031 et trois enfants sont nés de leur union ; elle est entrée en France en 2018 et a bénéficié d'une carte de résident valable cinq ans qui expirait le 15 juillet 2023 et n'a pas été renouvelée malgré la demande qu'elle a présentée ;
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement et s'avère justifiée dès lors qu'elle est privée de la possibilité de travailler et s'est vue radier de la liste des demandeurs d'emplois ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation car sa demande de communication des motifs est restée sans réponse ;
- elle méconnaît l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet du Gard a reçu communication de l'ensemble de la procédure et n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête en annulation enregistrée sous le n° 2403630 ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 2 octobre 2024 à 9 heures 30 minutes en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Roux, juge des référés ;
- les observations de Me Chabbert-Masson pour Mme A, qui a repris et développé les moyens invoqués dans ses écritures et indiqué qu'une attestation de prolongation d'instruction venait de lui être délivrée par le préfet du Gard.
La clôture de l'instruction a été reporté au 2 octobre 2024 à 12 heures.
Une pièce complémentaire produite par Mme A a été enregistrée le 2 octobre 2024 à 10 heures 06 minutes et a été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante marocaine, a bénéficié de la délivrance d'une carte de résident portant la mention " membre de famille de ressortissants de l'Union européenne " le 15 juillet 2018, d'une durée de validité de cinq ans, qui expirait le 15 juillet 2023. Elle a déposé, le 21 juin 2023, une demande de renouvellement de cette carte de résident qui a donné lieu à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, le 23 janvier 2024, valable jusqu'au 22 avril 2024. Suite à un échange avec l'administration, elle a présenté une nouvelle demande de renouvellement le 6 février 2024. Du silence gardé par le préfet du Gard durant quatre mois est née une décision implicite de refus de renouveler la carte de résident de Mme A. Cette dernière demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision implicite.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
3. Il résulte de l'instruction que, suite à l'enregistrement du recours de Mme A, le préfet du Gard lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de résident, valable du 19 septembre au 18 décembre 2024, à l'effet de maintenir ouvert l'ensemble des droits attachés à ladite carte. Ce faisant, le préfet a repris l'instruction de cette demande et ainsi, implicitement mais nécessairement, abrogé le refus de renouvellement implicite dont Mme A demande la suspension de l'exécution. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A présentées aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet du Gard, d'injonction et d'astreinte.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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