jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403653 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024 et un mémoire enregistré 24 septembre 2024, le préfet du Gard demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, la suspension de l'exécution du permis de construire modificatif n° 30 131 16R0002M01 accordé à l'EARL de Brès à Goudargues le 29 mars 2024 par le maire de Goudargues et la suspension de la décision de retrait et de refus prise par le maire de Goudargues le 19 août 2024.
Le préfet du Gard soutient que :
- en raison de l'illégalité de l'arrêté de retrait pris le 19 août 2024 du fait de son intervention tardive au regard de l'article L.424-5 du code de l'urbanisme, le pétitionnaire dispose d'une autorisation accordée par arrêté du 29 mars 2024 ;
- la présente demande n'est pas soumise à la condition d'urgence ;
- le présent recours est recevable ;
- l'arrêté du 29 mars 2024 a été pris en méconnaissance de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme en raison d'un risque incendie : risque de feux de forêt, parcelle boisée, violation du porté à connaissance du risque des feux de forêt du 11 octobre 2021 ; le respect de l'article A4 est insuffisant ; rien au dossier ne démontre un accès suffisant pour les véhicules de secours ;
- les travaux autorisés ne sont pas autorisés en zone A au regard des articles A1 et A2 du PLU ; la condition expresse de nécessité à l'activité agricole n'est pas démontrée dans le dossier ;
- même si le permis de construire initial de 2016 a autorisé les gîtes en lien avec une activité agricole, écurie et moulin à huile, la création de logement supplémentaire par l'aménagement du moulin à huile n'est pas autorisée par le PLU ;
- le projet porte sur la création de 48,58 m2 de surface de plancher déclarée en artisanat, interdit en zone A par application de l'article A1 ;
- les toitures dont les pentes ne seraient pas comprises entre 25 et 35 % sont interdites en application de l'article 11 du PLU ;
- la construction d'un garage de 46 m² n'est pas autorisée en zone A aux termes des articles A1 et A2 du PLU ;
- le dossier de permis modificatif est insuffisant, le plan de situation dépourvu de toute photographie, ne laisse pas apparaître la situation réelle de la parcelle, qui est dépourvue de tout bâtiment en méconnaissance de l'article R.531-7a du code de l'urbanisme ; les prescriptions de l'article R.431-9 relatives au plan de masse ne sont pas respectées ; la notice descriptive du projet PCM04 prévue à l'article R.431-8 du code de l'urbanisme, ne précise pas les modifications apportées (implantation, organisation, composition et volume des constructions nouvelles), notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants et la destination réelle des travaux n'est pas renseignée ; les différents plans ne comportent pas de mesures précises permettant de vérifier la réalité du projet, il n'est pas possible, notamment, de vérifier les implantations par rapport aux voies et emprises publiques et limites séparatives ; la lecture des documents PCM05b (pièce 7) et PCM06 (pièce 10) ne laisse aucun doute sur l'aménagement du moulin à huile, ce qui constitue un changement de destination, n'ayant plus de vocation agricole mais touristique, dans un environnement isolé et non défendable pour les services de secours ; les différents plans ne permettent pas de déterminer si la partie écurie est aménagée ; les imprécisions du dossier ne permettent pas une lecture précise et détaillée des travaux à réaliser. Les nombreuses insuffisances du dossier de demande du permis de construire modificatif sont de nature à fausser l'appréciation sur la conformité du projet par rapport à la réglementation applicable ; les éléments du dossier ne permettent pas de vérifier la répartition des surfaces (existantes ou créées), laquelle n'est pas concordante entre les différents arrêtés ;
- il n'est pas démontré que les constructions seraient nécessaires à l'activité agricole ;
- les gîtes sont sans lien fonctionnel avec une exploitation agricole.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, l'Earl de Brès, représentée par Me Jeanjean conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et au prononcé d'une amende pour recours abusif, à titre subsidiaire au rejet de la requête et en tout état de cause à ce qu'une somme de 5 000 euros lui soit versée au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elle fait valoir que :
- le mémoire complémentaire qui attaque une nouvelle décision ne permet pas de régulariser un recours mal dirigé ab initio et en toute connaissance de cause ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 2 octobre 2024, la commune de Goudargues, représentée par Me D'Albenas conclut à ce que soit ordonnée la suspension de l'arrêté du 29 mars 2024 et de l'arrêté du 19 août 2024 en raison de l'illégalité de ces décisions telle que soulevée par le préfet du Gard.
Vu :
- la requête, enregistrée le 19 septembre 2024 sous le n°2403693, complétée par mémoire enregistré le 1er octobre 2024, par laquelle le préfet du Gard demande l'annulation des décisions contestées.
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 à 10h00 tenue en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu les observations de :
- M. B représentant le préfet du Gard qui maintient les conclusions et moyens de la requête et précise que la suspension est bien demandée pour les deux décisions, que si la demande de suspension de l'arrêté du 19 août 2024 a été faite dans un mémoire complémentaire les moyens développés à l'appui de cette demande ont été présentés dès la requête ; la modification des ouvertures sur le moulin à huile laisse présager un changement de destination.
- Me Télès pour la commune de Goudargues qui s'associe aux écritures du préfet du Gard ;
- Me Jeanjean pour l'Earl de Brès qui reprend la teneur de ses écritures et insiste sur l'irrecevabilité de la demande de suspension de l'arrêté du 19 août 2024 qui n'a pas été effectuée dans la requête initiale mais dans un mémoire complémentaire, que le risque d'annulation de cet arrêté effectivement pris hors délai de retrait, ne fera pas obstacle à la possibilité pour le préfet de contester l'arrêté du 29 mars 2024 ainsi réintroduit dans l'ordonnancement juridique ; qu'en cas de reconnaissance de cette irrecevabilité une amende pour recours abusif devra être prononcée ; que les moyens présentés par le préfet reposent sur une confusion entre les travaux de construction de trois gîtes, une écurie et un moulin à huile autorisés en 2016 et la demande de 2023 qui ne constitue qu'un permis modificatif et doit être examinée comme telle ; aucun logement n'est créé, la surface affectée à un local destiné à l'artisanat repose sur une erreur de plume dans le document cerfa qui reprend les surfaces du document cerfa de 2016 ainsi que cela ressort nettement des pièces produites, le dossier de permis modificatif est suffisant au regard de son objet ; la destination du moulin à huile n'est pas modifiée ainsi que cela ressort des pièces produites et ne contrevient donc pas aux articles A1 et A2 du PLU ; la démonstration relative au lien avec l'exploitation a été faite en 2016 et n'a pas à être renouvelée ; aucune toiture plate n'est prévue et les plans bien que non cotés sur ce point permettaient au service instructeur de le vérifier ; l'article A12 du PLU qui ne concerne que les garages collectifs ou aires de stationnement est inopérant ; le risque incendie ne peut être envisagé au regard de la construction dans son ensemble mais doit être examinée au regard du modificatif qui ne prévoit la création d'aucun logement ni nouvelle activité ; que le permis est assorti d'une prescription prévoyant une réserve incendie d'une capacité cinq fois supérieure à la capacité exigée par le règlement départemental ; si la zone est en risque fort la vitesse de propagation des incendies y est faible.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête le préfet du Gard demande au juge du référé sur le fondement de l'article L.2131-6 du code général des collectivités territoriales la suspension de de l'exécution du permis de construire modificatif accordé à l'EARL de Brès à Goudargues le 29 mars 2024 par le maire de Goudargues et la suspension de la décision de retrait et de refus prise par le maire de Goudargues le 19 août 2024.
2. Aux termes de l'article L.554-1 du code de justice administrative " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : " Art. L. 2131-6, alinéa 3. - Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois ".
Sur la demande de suspension de l'arrêté du 19 août 2024 :
3. La suspension de l'arrêté du 19 août 2024 a été demandée dans la présente instance par un mémoire complémentaire enregistré le 24 septembre 2024. La requête au fond a été complétée par un mémoire enregistré le même jour au greffe du Tribunal soit dans le délai recours contentieux et avant que le juge ne statue sur la demande en référé et a fait l'objet d'une notification tant à la commune de Goudargues qu'au pétitionnaire dans le délai requis. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la suspension de l'arrêté du 19 août 2024 sont recevables et la fin de non-recevoir opposée par l'Earl de Brès en défense doit être rejetée.
4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire (), tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions () ".
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 19 août 2024 retirant l'arrêté du 29 mars 2024 est illégal en ce qu'il méconnaît le délai de retrait prévu à l'article L.424-5 précité du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de cet arrêté jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur la demande de suspension de l'arrêté du 29 mars 2024 :
6. L'arrêté du 29 mars 2024 a pour objet de délivrer un permis de construire modificatif pour la réalisation d'une couverture de terrasse en vue de la création d'une buanderie/ rangement et d'une chaufferie, la construction d'une pergola et d'un abri voiture, la modification des façades, le réaménagement des terrasses et l'agrandissement de la piscine existante pour une surface créée de 47 m², sur un bâtiment existant, autorisé par arrêté du 29 juin 2016, sous la prescription que l'EARL de Brès installe sur la parcelle d'assiette du projet une citerne à eau souple de contenance minimum de 150 m3, conforme au règlement départemental de la défense contre l'incendie, et qui sera opérationnelle avant l'été 2024.
7. En l'état de l'instruction, aucun des moyens tels qu'analysés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 29 mars 2024 délivrant un permis de construire modificatif à l'Earl de Brès. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de cet arrêté doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées par l'EARL de Brès :
8. En premier lieu, l'Etat versera une somme de 1 000 euros à l'Earl de Brès sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
9. En second lieu, la faculté prévue par les dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre du juge, les conclusions de l'EARL de Brès tendant à ce que l'Etat soit condamné à une telle amende doivent être rejetées comme irrecevables.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 19 août 2024 est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : L'Etat versera à l'EARL de Brès une somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet du Gard, à la commune de Goudargues et à l'EARL de Brès.
Fait à Nîmes, le 3 octobre 2024.
La juge des référés,
C. A
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026