mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, Mme B A, représenté par Me Chabbert-Masson, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Gard a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Gard de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai d'un mois suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande dans un délai de vingt-quatre heures suivant cette même notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie s'agissant d'une requête dirigée contre un refus de renouvellement d'un titre de séjour ;
- la décision implicite de refus de séjour n'est pas motivée dès lors qu'il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs ;
- elle méconnaît les articles L. 423-7 et 8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Le préfet du Gard a produit des pièces enregistrées le 23 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité gabonaise, est entrée en France en 2021 y rejoindre son époux de nationalité française, en compagnie de ses deux enfants. Elle a successivement bénéficié de deux titres de séjour dont la validité du dernier expirait le 12 mars 2024. Elle a déposé une demande de renouvellement de ce titre le 11 janvier 2024. Du silence gardé par le préfet du Gard durant quatre mois est née, le 11 mai 2024, une décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour dont Mme A, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution.
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Par ailleurs, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.
3. Il ressort des pièces produites par le préfet du Gard que Mme A s'est vue délivrer le 23 septembre 2024, postérieurement à l'enregistrement de sa requête, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour maintenant ouverts l'ensemble des droits attachés au titre qu'elle détenait précédemment. L'autorité administrative qui a décidé de poursuivre l'instruction de cette demande a ainsi implicitement mais nécessairement abrogé le refus de renouvellement tacite attaqué, né de son silence gardé. Par suite, les conclusions de Mme A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision implicite, désormais abrogée, à ce qu'il soit enjoint au préfet du Gard de procéder à une nouvelle instruction de sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une attestation de prolongation d'instruction sous astreinte, se trouvent privées d'objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
4. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A à fin d'annulation, d'injonction et d'astreinte.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 2 octobre 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2303677
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