mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP CHARREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 septembre et 3 octobre 2024, la SCI du chemin de la Campanette demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre la convention de mandat que la commune d'Anduze a conclu avec la société publique locale 30 (SPL30) les 16 et 22 juillet 2024 pour lui confier un mandat d'études en vue de l'accompagnement opérationnel de l'aménagement des lots indépendants et des espaces publics du quartier de la gare d'Anduze.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'une résiliation retardée du contrat aggravera d'autant son coût financier pour la commune d'Anduze, alors notamment qu'il n'est pas possible de déterminer précisément le montant de l'indemnité qui sera due à la SPL30 et qu'il y aura également lieu de régler les indemnités de résiliation des contrats qu'aura passés la SPL30 dans le cadre de sa mission ;
- le contrat ne pouvait être légalement conclut dans le cadre d'une quasi-régie, sans publicité ni mise en concurrence préalable, alors que la commune d'Anduze n'exerce aucune influence décisive au sens de l'article L. 2511-11 du code de la commande publique sur l'administration et les orientations de la société anonyme SPL30 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2024, la commune d'Anduze, représentée par Me Charrel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la SCI du chemin de la Campanette en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable car la requérante n'a introduit qu'un recours au fond devant le juge de l'excès de pouvoir dirigée contre la délibération ayant approuvé le plan local d'urbanisme communal, recours dont elle n'a pas produit la copie et, dans l'hypothèse où elle aurait également introduit un recours contre la délibération du 15 juillet 2024 autorisant la passation, acte détachable de la convention contestée, il ne saurait constitué un recours en contestation de validité de ce contrat ;
- elle est également irrecevable en raison de son défaut d'intérêt pour agir en application des conditions fixées par la jurisprudence Tarn-et-Garonne puisqu'elle ne justifie d'aucun intérêt lésé par la passation de la convention de mandat à l'attribution duquel elle ne pouvait être candidate, ni par l'emprise du projet où ne se trouve aucun des biens dont elle assure la gestion ;
- le respect de la condition d'urgence n'est pas justifié en l'absence d'atteinte grave et immédiate aux intérêts financiers de la commune d'Anduze, qui ne s'est, au demeurant, engagée qu'au titre de l'exécution de la première tranche ferme prévue par le contrat, pour un montant du prix limité de 18 050 euros, ou à la situation de la requérante qui n'est pas une candidate évincée par la passation de la convention en cause ;
- il y a, au contraire, un intérêt public à ne pas retarder l'exécution du contrat et l'opération d'aménagement concernée ;
- la passation de cette convention a pu être réalisée sans publicité ni mise en concurrence dès lors que la commune, conformément aux conditions fixées à l'article L. 2511-11 du code de la commande publique, exerce sur la SPL30, dont le capital est entièrement détenu par les collectivités territoriales actionnaires, un contrôle analogue à celui qu'elle exerce sur ses services dans le cadre d'un contrôle conjoint et une influence décisive en qualité d'actionnaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2403482.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 10 octobre 2024 à 11 heures en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Roux, juge des référés ;
- les observations de Mme A, représentant la SCI requérante, qui évoque un intérêt pour agir en qualité de contribuable communal et soutient que la commune n'était pas encore actionnaire de la SPL30 à la date de la signature de la convention et de Me Charrel, représentant la commune d'Anduze et la SPL30, qui a insisté sur le défaut d'intérêt pour agir de la société requérante et le respect de l'article L. 2511-11 du code de la commande publique ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du réaménagement et de la requalification du quartier de la gare ayant fait l'objet d'une opération d'aménagement programmée au plan local d'urbanisme dont la révision a été approuvée par délibération du 8 février 2024, la commune d'Anduze a, par délibération du 15 juillet 2024, autorisé son maire à signer avec la société publique local 30 une convention de mandat pour la réalisation d'études en vue du suivi opérationnel d'ilots. La convention a été signée les 16 et 22 juillet 2022. La SCI du chemin de la Campanette demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette convention.
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer, ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. Les requérants peuvent éventuellement assortir leur recours de conclusions indemnitaires ainsi que d'une demande tendant, sur le fondement de l'article L. 521-1 du CJA, à la suspension de l'exécution du contrat.
3. Lorsque l'auteur du recours se prévaut de sa qualité de contribuable local, il lui revient d'établir que la convention ou les clauses dont il conteste la validité sont susceptibles d'emporter des conséquences significatives sur les finances ou le patrimoine de la collectivité.
4. En l'espèce, la SCI du chemin de la Campanette qui est tiers à la convention dont elle conteste la validité, a indiqué pour la première fois lors de l'audience qu'elle agissait en qualité de contribuable communal, sans même soutenir que cette convention serait susceptible d'emporter des conséquences significatives sur les finances ou le patrimoine de la commune d'Anduze. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction, au regard notamment du faible montant des prestations en cause par rapport au budget global de l'opération de réaménagement et de requalification du quartier de la gare et, plus encore, du budget communal, et de la nature même de ces prestations, que cette convention pourrait emporter de telles conséquences sur les finances ou le patrimoine de la commune d'Anduze. La SCI requérante ne justifie ainsi d'aucun intérêt pour demander la suspension de l'exécution de ce contrat dans le cadre du recours défini au point 2. Sa requête qui est, pour ce motif, irrecevable, doit être rejetée.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI du chemin de la Campanette une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par la commune d'Anduze et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de la SCI du chemin de la Campanette est rejetée.
Article 2 : La SCI du chemin de la Campanette versera à la commune d'Anduze la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI du chemin de la Campanette, à la commune d'Anduze et à la société publique locale 30.
Fait à Nîmes, le 22 octobre 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026