vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403795 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. B A, représenté par Me Btihadi, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 avril 2024 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de sa décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous la même astreinte ou, subsidiairement, de poursuivre l'instruction de sa demande à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification et, dans ces deux cas, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car la décision contestée le place en grande difficulté matérielle et l'invite à quitter le territoire français alors que sa présence auprès de son fils en France est indispensable ;
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet de Vaucluse s'est cru à tort lié par les termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'un titre pouvait lui être délivrer sur un autre fondement ;
- la décision méconnaît les articles L. 423-2 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention de New-York.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité marocaine, est entré en France le 30 avril 2021 sous couvert d'un visa D. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur la plateforme numérique de ministère de l'intérieur, le 4 septembre 2024, et s'est vu opposer, par courriel en date du 5 septembre 2024, une décision de refus d'instruire sa demande en l'absence de production d'un visa long séjour. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision.
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Si l'article L. 522-1 du même code impose au juge des référés de statuer au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, et d'informer sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique, l'article L. 522-3 de ce code lui permet néanmoins de rejeter une demande par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, qu'elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. L'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, qui n'a pas pour objet de refuser de renouveler ou de retirer un titre de séjour, ne saurait être présumée. Pour en justifier, M. A soutient se trouver dans une situation administrative et économique précaire qui le prive de la possibilité d'exercer une activité professionnelle lui permettant de subvenir à ses besoins et à l'entretien de son fils auprès duquel sa présence indispensable rendrait impossible un retour au Maroc pour y solliciter un visa long séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a attendu près de trois années après son entrée en France pour solliciter la régularisation de sa situation administrative. Par ailleurs, la décision contestée n'a ni pour objet ni pour effet de l'obliger à quitter le territoire français ou de l'éloigner de son fils ou de son épouse de nationalité française. Enfin, il n'est pas justifié de ce que l'intéressé ou le ménage qu'il forme avec son épouse et leur fils seraient confrontés à des difficultés économiques ni qu'il serait privé, du fait de la décision, de la possibilité de répondre à brève échéance à une offre d'emploi précise qui lui aurait été formulée. Au regard de l'ensemble de ces éléments, les circonstances générales invoquées par le requérant ne suffisent à caractériser l'existence de conséquences suffisamment graves et immédiates sur la situation de l'intéressé qui justifieraient l'intervention du juge des référés sans attendre le jugement statuant sur sa requête en annulation. La condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'apparait donc pas remplie.
5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut de caractère urgent, la requête de M. A doit être rejetée par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'accorder au requérant l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E
Article 1er : M. A n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 11 octobre 2024.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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