LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403850

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403850

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403850
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes rejette la requête de M. D, ressortissant serbe, qui contestait l’arrêté du préfet de Vaucluse du 26 septembre 2024 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans et assignation à résidence. Le tribunal écarte les moyens d’incompétence et d’insuffisance de motivation, la délégation de signature étant régulière et la décision suffisamment motivée. Sur le fond, il juge que la relation de couple avec une ressortissante française, bien que réelle, est trop récente (depuis novembre 2023) pour caractériser une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, y compris les demandes d’injonction et de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, M. A D, représenté par Me Iglesias, demande au tribunal :

- l'annulation de l'arrêté n° 24/84/666P du 26 septembre 2024 par lequel le préfet de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui interdit d'y retourner pour une durée de deux ans et fixe son pays de renvoi ;

- l'annulation de l'arrêté n° 24/84/666P du 26 septembre 2024 par lequel le préfet de Vaucluse l'assigne à résidence dans le département de Vaucluse ;

- d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire "vie privée et familiale", assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à compter du délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

- à défaut, d'enjoindre au préfet, de procéder au réexamen de sa situation sans délai et de lui délivrer durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L.761-1.

Il soutient que :

- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'incompétence et d'insuffisance de motivation ;

- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues, compte tenu de sa vie de couple avec une ressortissante française.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Parisien en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 21 octobre 2024 :

- le rapport de M. Parisien,

- les observations de Me Iglesias, représentant M. D, et celles de ce dernier qui reprend ses écritures et conclut en outre à l'annulation de l'interdiction de retour qui lui a été notifiée, compte tenu de la vie de couple développée par l'intéressé avec une ressortissante française.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant serbe né le 20 août 1990, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français assorti d'une interdiction de retour de 2 ans prononcé le 26 septembre 2024 par le préfet de Vaucluse. M. D en demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En ce qui concerne la légalité externe

2. L'arrêté en litige a été signé par M. C B, sous-préfet directeur de cabinet, qui bénéficiait en cas d'empêchement de Mme Sabine Roussely, secrétaire générale, d'une délégation de signature accordée par un arrêté préfectoral du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial N° 84-2024-036 du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.

3. La décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquels a été prise la mesure d'éloignement ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8. Cette décision, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. D, indique que l'intéressé a déjà fait l'objet le 13 septembre 2021 d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Enfin, la décision attaquée précise qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. M. D soutient qu'il a rencontré au mois de novembre 2023 une ressortissante française, avec laquelle il s'est installé en concubinage au début de l'année 2024. Il fait valoir la solidité de leurs liens sentimentaux ainsi que leurs projets communs, ce que sa compagne confirme à la barre du tribunal, corroborant ainsi les différentes attestations produites à l'appui de sa requête. Le requérant fait également valoir une promesse d'embauche pour le poste de dépanneur. Toutefois, compte tenu du caractère relativement récent de sa relation avec sa compagne, le préfet de Vaucluse n'a pas méconnu les stipulations précitées ni porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts que les décisions attaquées poursuivent. Pour les mêmes motifs, elle n'a commis aucune erreur de droit ou d'appréciation de la situation de l'intéressé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été notifiée.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

8. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par les dispositions de l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

9. Il résulte des termes de l'arrêté en litige que, pour fixer à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de Vaucluse a relevé que M. D n'est pas en mesure de justifier de sa date d'entrée en France antérieurement au 13 septembre 2021 et qu'il déclare avoir quitté le territoire en 2022 puis avoir effectué de nombreux allers- retours entre la France et la Serbie jusqu'en février 2024. Le préfet précise qu'il ne dispose d'aucun lien ni d'aucun membre de sa famille nucléaire sur le territoire français et qu'il n'est pas en mesure de justifier avoir quitté le territoire français en dépit de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français régulièrement notifié le 13 septembre 2021 par le préfet des Bouches-du-Rhône.

10. Il ressort toutefois des pièces du dossier, corroborées par les déclarations circonstanciées de l'intéressé et de sa compagne lors de l'audience, ainsi que par les nombreuses attestations versées à l'instance, que M. D entretient une relation solide avec sa compagne. Cette dernière atteste notamment des liens qui les unissent mais également de la relation que M. D a initié avec le reste de sa famille. Au surplus, en l'absence de mémoire en défense, le préfet de Vaucluse n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause la force probante des diverses pièces versées au dossier. Dans ces conditions, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français opposée à M. D, le préfet de Vaucluse a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

11. Compte tenu du caractère indivisible de la décision en litige, qui porte à la fois sur le principe de l'interdiction de retour sur le territoire français et sur la durée de cette interdiction, la décision contestée prise à l'encontre de M. D ne peut qu'être annulée.

12. Il résulte de ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision en date du 26 septembre 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Sur les autres conclusions :

13. L'annulation prononcée n'impose aucune mesure d'exécution particulière ni ne confère à M. D un quelconque droit au séjour. Les conclusions à fin d'injonction et de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour ne peuvent donc qu'être rejetées.

14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision en date du 26 septembre 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse a prononcé à l'encontre de M. D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 24 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

P. PARISIEN

La greffière,

E. PAQUIER

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions