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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403881

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403881

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403881
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. B, ressortissant tunisien conjoint d'une Française et père de trois enfants français, afin d'enjoindre au préfet du Gard de statuer sur sa demande de titre de séjour déposée en septembre 2020. Le juge a constaté que le préfet avait déjà pris une décision favorable délivrant une carte de séjour "vie privée et familiale" valable jusqu'en septembre 2025, rendant sans objet la demande d'injonction. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et rejeté les demandes accessoires, notamment celle fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Chabbert-Masson, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Gard de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre la somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est le conjoint d'une ressortissante française avec laquelle la communauté de vie sur le sol français n'a pas cessé et ils sont tous deux parents de trois enfants français ;

- il est entré en France en août 2020 muni d'un visa, a demandé un titre de séjour en septembre 2020 et a rencontré, depuis l'expiration de la validité de son visa, en août 2023, diverses difficultés administratives qui l'ont notamment obligé à refaire son passeport pour retourner en Tunisie y demander un visa qui ne lui a été délivré qu'en février 2024.

- son dernier récépissé a expiré le 14 octobre 2024 et aucun titre de séjour ne lui a été délivré après quatre années d'attente ;

- la condition d'urgence est remplie au regard du délai écoulé, de son impossibilité d'honorer son contrat de travail de chauffeur-livreur, faute de pouvoir disposer d'un permis de conduire français sans un titre de séjour, et d'assumer les charges financières de son ménage ;

- l'injonction sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Le préfet du Gard a produit des pièces enregistrées le 9 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien qui justifie de ses qualités de conjoint d'une française et de père de trois enfants français, a déposé une demande titre de séjour auprès des services de la préfecture du Gard en septembre 2020 et n'a bénéficié depuis que de récépissés de demande dont le dernier arrivait à expiration le 14 octobre 2024. Il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Gard de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Par ailleurs, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.

2. Il résulte de l'instruction et notamment des l'échanges de courriels interne à la préfecture du Gard et de la fiche AGDREF de M. B que le préfet du Gard a statué favorablement sur sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et que ce titre, valable jusqu'au 25 septembre 2025, qui était en cours d'édition le 9 octobre 2024, lui sera remis d'ici quelques jours. Dans ces conditions, il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions présentées de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet du Gard de statuer sur sa demande de titre de séjour.

3. Il n'y pas a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte au préfet du Gard de lui délivrer un titre de séjour.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Gard.

Fait à Nîmes, le 23 octobre 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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