jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2403890 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, le préfet de Vaucluse demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion sans délai de Mme C B et M. A B de l'hébergement d'urgence géré par le service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) de Vaucluse à Avignon qu'ils occupent irrégulièrement depuis le 7 mai 2024 ;
2°) de l'autoriser, en tant que besoin, à procéder à l'expulsion de M. et Mme B avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée au regard de la tension existante dans le dispositif d'hébergement d'urgence du Vaucluse ; M. et Mme B se maintiennent irrégulièrement en dispositif d'hébergement d'urgence depuis le 7 mai 2024 ;
- l'utilité de la demande est justifiée par la forte pression que subit le département de Vaucluse en matière d'hébergement d'urgence et par l'engorgement et la saturation du dispositif ; à ce titre, pour la période du 1er au 15 juillet 2024, le SIAO du département de Vaucluse a été contraint de signifier plus de cinq cents refus ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative ;
- le maintien irrégulier de M. et Mme B ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors qu'ils se sont vu refuser le bénéfice de l'asile par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 13 décembre 2021, que le préfet de Vaucluse a refusé de leur délivrer un titre de séjour par un arrêté du 13 avril 2022 et qu'une mise en demeure de quitter les lieux leur a été notifiée le 22 avril 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 octobre 2024, Mme C B et M. A B, représentés par Me Ghaem, demandent au juge des référés de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et concluent, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'un délai de six mois leur soit laissé pour quitter les lieux et, en tout état de cause, à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils font valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que le préfet de Vaucluse n'établit pas que le dispositif d'hébergement d'urgence de Vaucluse subit une forte tension ;
- ils se prévalent de circonstances exceptionnelles justifiant que le préfet de Vaucluse leur laisse un délai de six mois pour quitter les lieux dès lors qu'ils sont dans une situation d'extrême précarité.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience publique du 15 octobre 2024, qui s'est tenue en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête susvisée, il y a lieu d'admettre M. et Mme B à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".
4. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
5. M. et Mme B, de nationalité albanaise, ont sollicité en France le statut de réfugié et ont bénéficié à ce titre d'un hébergement au centre d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile géré par l'association " l'Entraide Pierre Valdo " (33 avenue Eisenhower à Avignon). Déboutés de leur demande d'asile par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 13 décembre 2021, M. et Mme B ont été accueillis au sein d'un hôtel en hébergement d'urgence géré par le SIAO à compter du 13 février 2023. Par deux arrêtés des 22 novembre 2022 et 2 mars 2022, le préfet de Vaucluse a obligé les requérants à quitter le territoire français. Malgré une mise en demeure notifiée le 22 avril 2024 les informant de l'obligation de quitter l'hébergement d'urgence dans un délai de quinze jours, M. et Mme B s'y sont irrégulièrement maintenus. La mesure d'expulsion sollicitée ne se heurte donc, à cet égard, à aucune contestation sérieuse.
6. En deuxième lieu, le maintien indu au sein d'un dispositif d'hébergement d'urgence par une personne qui n'en a ni le droit, ni la vocation participe à la saturation des dispositifs d'hébergement dans le département, compromettant ainsi le fonctionnement normal de ces dispositifs et par suite la prise en charge des familles prioritaires en plus grande détresse qui sont en droit d'en bénéficier. La libération des lieux par M. et Mme B présente ainsi, eu égard aux besoins d'accueil de ces demandeurs et au nombre, non contesté, de places disponibles pour cet accueil dans le département de Vaucluse, un caractère d'urgence et d'utilité.
7. Ce caractère d'urgence et d'utilité n'est pas remis en cause par le fait que M. et Mme B soient dans une situation d'extrême précarité. En l'état de l'instruction, les requérants ne font par suite valoir aucune circonstance exceptionnelle faisant obstacle à la reconnaissance d'une urgence et d'une utilité à libérer les lieux.
8. Toutefois, compte tenu du grand âge de Mme B, âgée de 82 ans et de l'absence de solution immédiate de relogement, il y a lieu d'enjoindre à M. et Mme B de quitter l'hébergement qu'ils occupent au sein du dispositif d'hébergement d'urgence géré par le SIAO de Vaucluse à Avignon dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
9. En l'absence de départ volontaire à l'expiration de ce délai, le préfet de Vaucluse est autorisé à procéder à l'évacuation forcée des lieux, si nécessaire avec le concours de la force publique. Le préfet de Vaucluse pourra également prendre les mesures nécessaires pour faire enlever les biens meubles qui se trouveraient dans les lieux aux frais et risques des intéressés, à défaut pour eux de les avoir emportés.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. et Mme B sur leur fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : M. et Mme B sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à M. et Mme B de libérer le logement qu'ils occupent au sein du dispositif d'hébergement d'urgence géré par le SIAO de Vaucluse à Avignon, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : En l'absence de départ volontaire à l'expiration du délai fixé à l'article 2, le préfet de Vaucluse pourra procéder à l'évacuation forcée des lieux, avec le concours de la force publique, et prendre les mesures nécessaires pour faire enlever les biens meubles qui se trouveraient dans les lieux aux frais et risques des intéressés.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur, à Mme C B à M. A B et à Me Ghaem.
Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
C. CHAMOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026