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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403894

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403894

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403894
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête du préfet de Vaucluse qui demandait l'expulsion d'un occupant d'un hébergement d'urgence. La demande a été jugée sans objet car l'intéressé n'était pas hébergé à l'adresse indiquée dans la requête, mais dans un autre centre. Aucune mesure utile n'a donc pu être ordonnée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2024, le préfet de Vaucluse, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion sans délai de M. B A de l'hébergement d'urgence qu'il occupe depuis le 16 octobre 2023, situé au 2625 route d'Avignon à Cavaillon, au sein du dispositif " Hébergement alternatif droit incomplets " géré par l'association Le Village ;

2°) de l'autoriser, en tant que besoin, à procéder à l'expulsion de M. A avec le concours de la force publique.

Le préfet de Vaucluse soutient que :

- l'urgence est caractérisée au regard de la tension existante dans le dispositif d'hébergement d'urgence du Vaucluse ; M. A se maintient volontairement en dispositif d'hébergement d'urgence accordée à titre transitoire (HADI) géré par l'association Le village depuis le 16 octobre 2023 ;

- l'utilité de la demande est justifiée par l'indisponibilité des places existantes, à ce titre du 1er au 15 juillet 2024, le service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) du département a été contraint de signifier cinq-cents refus ;

- aucune décision administrative ne fait obstacle au prononcé de la mesure demandée.

Vu le constat d'échec de la notification par voie administrative de la requête à M. A qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui s'est tenue en l'absence des parties le 15 octobre 2024 à 14 heures 30.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

3. Il résulte de la main courante rédigée le 8 octobre 2024 par un agent de la police municipale de Cavaillon chargé de la notification à M. A de la présente procédure contentieuse que l'intéressé n'est pas hébergé à Cavaillon au sein du dispositif " Hébergement alternatif droit incomplets " géré par l'association Le Village, mais à La Croix Rouge à Apt. Dès lors, les conclusions de la requête sont sans objet et ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n°2403894 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 17 octobre 2024.

La juge des référés,

C.CHAMOT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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