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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404194

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404194

lundi 25 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404194
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes a été saisi par M. A, ressortissant marocain, d’une demande de suspension du refus implicite de renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Après que le préfet du Gard lui a délivré un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu’au 14 mars 2025, M. A s’est désisté de ses conclusions principales. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et a condamné l’État à verser 500 euros à M. A au titre des frais de l’instance, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Chabbert-Masson, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Gard a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gard de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans les vingt-quatre heures, une attestation de prolongation d'instruction sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie s'agissant d'un refus de renouvellement et sa situation administrative le prive de la possibilité de travailler ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il est l'ex-conjoint d'une ressortissante française avec laquelle il a eu un enfant ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Le préfet du Gard a produit des pièces qui ont été enregistrées les 18 et 19 novembre 2024.

Par un mémoire enregistré le 19 novembre 2024, M. A demande qu'il soit donné acte de son désistement de ses conclusions à l'exception de celles présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête à fin d'annulation enregistrée sous le n° 2404192 ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité marocaine, entré en France le 1er janvier 2016, a bénéficié de la délivrance de titres de séjour successivement renouvelés dont le dernier expirait le 2 juillet 2024. Il a présenté, le 23 mars 2024, sur la plateforme dématérialisée de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), une demande de renouvellement de ce titre. Par son silence gardé durant quatre mois, le préfet du Gard a implicitement refusé de faire droit à cette demande de renouvellement. M. A a initialement demandé au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision implicite.

2. Lorsque le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu d'engager la procédure contradictoire prévue à l'article L. 522-1 du code de justice administrative, il lui incombe de poursuivre cette procédure à son terme et, notamment de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement privant d'objet la requête. Dans ce cas, il peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

3. Il ressort des pièces produites que le préfet du Gard a décidé, le 15 novembre 2024, de délivrer à M. A un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 14 mars 2025. Au regard de ces éléments postérieurs à sa requête, par le mémoire qu'il a adressé au greffe du tribunal le 19 novembre 2024, M. A s'est désisté de l'ensemble de ses conclusions à l'exception de celles présentées au titre des frais liés à l'instance. Son désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A des conclusions qu'il a présentées aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A au préfet du Gard.

Fait à Nîmes, le 25 novembre 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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