mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404265 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, M. F A B, représenté par Me Laurent Neyrat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2024-BSE-189 du 10 juillet 2024 par lequel le préfet du Gard rejette sa demande d'admission au séjour et l'oblige à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre la délivrance d'un titre de séjour, subsidiairement une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- il n'est pas justifié par l'administration du respect de la procédure légale et règlementaire prévue par les articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quant à l'établissement et à l'émission de l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le suivi de son état de santé général ne peut être assuré dans son pays d'origine où les soins ont été systématiquement défaillants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors que son fils ne peut bénéficier dans son pays d'origine de l'assistance et du suivi médical reçus par lui en France ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle méconnaît les droits de son fils de mener une vie normale, avec le droit de voir ses souffrances traitées, de recevoir une éducation et d'avoir une vie sociale, alors qu'il est engagé dans un processus de soins en France.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est disproportionnée au regard des buts poursuivis ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'elle travaille afin de pourvoir aux besoins de sa famille et se trouve au moment de la décision contestée dans une situation de grande autonomie sur le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
II. Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, Mme G E, représentée par Me Laurent Neyrat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2024-BSE-195 du 10 juillet 2024 par lequel le préfet du Gard rejette sa demande d'admission au séjour et l'oblige à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre la délivrance d'un titre de séjour, subsidiairement une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- il n'est pas justifié par l'administration du respect de la procédure légale et règlementaire prévue par les articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quant à l'établissement et à l'émission de l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le suivi de son état de santé général ne peut être assuré dans son pays d'origine où les soins ont été systématiquement défaillants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors que son fils ne peut bénéficier dans son pays d'origine de l'assistance et du suivi médical reçus par lui en France ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle méconnaît les droits de son fils de mener une vie normale, avec le droit de voir ses souffrances traitées, de recevoir une éducation et d'avoir une vie sociale, alors qu'il est engagé dans un processus de soins en France.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ; elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est disproportionnée au regard des buts poursuivis ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'elle travaille afin de pourvoir aux besoins de sa famille et se trouve au moment de la décision contestée dans une situation de grande autonomie sur le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est infondée dans les moyens qu'elle soulève.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
M. A B et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 17 septembre 2024.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Parisien a été entendu, au cours de l'audience publique, ainsi que les observations de Me Laurent Neyrat pour M. A B et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et Mme E, ressortissants brésiliens, exposent être entrés en France en février 2023 accompagnés de leur fils C, né le 23 décembre 2017. A la suite de la demande d'asile qu'ils ont présentée et qui a été rejetée, les intéressés ont formé une demande de titre de séjour en qualité d'accompagnant d'étranger malade, pour leur fils. Le 10 juillet 2024, le préfet du Gard a pris à leur encontre deux arrêtés portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
3. Les arrêtés attaqués comportent dans leurs visas et motifs les considérations de droit et de fait sur lesquelles ils se fondent et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen complet de la situation particulière des requérants au regard des stipulations et des dispositions législatives et réglementaires applicables à chacune des décisions qu'ils contiennent. Les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'examen de la situation des requérants ne peuvent, dès lors, être qu'écartés.
4. Les arrêtés attaqués ont été signés, pour le préfet du Gard, par M. Yann Gérard, secrétaire général de la préfecture, lequel disposait, en vertu d'un arrêté du 6 mai 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Gard du même jour, d'une délégation à l'effet de signer notamment tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Gard, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contenues dans les arrêtés litigieux. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () ". L'article L. 425-10 du même code dispose que : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".
6. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du bordereau de transmission produit par le préfet que l'avis du 2 avril 2024 du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été émis au vu d'un rapport médical établi le 8 mars 2024 par un médecin de l'OFII, le docteur D, et que ce médecin n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'OFII qui comprenait trois autres médecins de l'OFII. Par ailleurs, alors que l'avis du 2 avril 2024 comporte les signatures lisibles de ces trois médecins composant le collège qui l'a émis, aucun élément du dossier ne permet de douter que ces signatures ne seraient pas authentiques. Enfin, il n'est pas contesté que cet avis indique que l'état de santé de l'enfant C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers le pays d'origine. Au vu du sens de ces constatations médicales, le collège des médecins de l'OFII n'était pas tenu de se prononcer sur l'ensemble des questions figurant dans le formulaire tenant lieu d'avis, et en particulier sur celles relatives à l'accès au traitement dans le pays d'origine de l'intéressée et aux conditions de poursuite de celui-ci hors du territoire français. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII doit être écarté.
8. Il ressort des pièces médicales versées au dossier que l'enfant C souffre d'une forme sévère d'autisme. Les requérants soutiennent que le suivi de son état de santé général ne peut être assuré dans son pays d'origine où les soins ont été systématiquement défaillants. Toutefois, ainsi qu'il vient d'être dit, l'avis susmentionné indique que l'état de santé de l'enfant C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'à la date de cet avis, l'état de santé de l'intéressé peut lui permettre de voyager sans risque vers le pays d'origine. Dès lors, en refusant de délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet du Gard n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. La durée de présence des requérants en France est très récente, et ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé de leur fils justifierait son admission au séjour en France. Par conséquent, ils ne justifient d'aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu'ils poursuivent normalement leur vie privée et familiale dans leur pays d'origine. Par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment des conditions du séjour en France de l'intéressée et des liens qu'elle a conservés dans son pays d'origine, les décisions attaquées portant refus de délivrer un titre de séjour n'ont pas porté au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions applicables à la situation de la requérante et notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté mentionne également les faits relatifs à la situation personnelle des requérants, notamment leur date d'entrée en France, la circonstance que le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a considéré que la situation de leur fils nécessite une prise en charge médicale qui est assurée dans leur pays d'origine. La décision en litige qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments relatifs à la situation des requérants, ni à comporter au demeurant une motivation distincte de celle de la décision relative au refus de titre de séjour, énonce ainsi de manière suffisante les considérations de droit et de fait utiles à la motivation de celle-ci. Par ailleurs, les requérants ne peuvent utilement invoquer le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la mesure d'éloignement au regard du sixième considérant et de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, qui a été transposée dans le droit national par la loi du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité, antérieurement à l'édiction de la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté en litige, telle que rappelée au point précédent, que le préfet du Gard a procédé à un examen particulier de la situation des requérants. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier doit être écarté.
13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui sont au demeurant relatifs aux titres de séjour pour motif professionnel.
14. Il y a lieu d'écarter les moyens tirés du caractère disproportionné de la décision au regard des buts poursuivis et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. Compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, au soutien des conclusions dirigées contre les décisions fixant le pays de destination.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet du Gard du 10 juillet 2024.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1 er : Les requêtes de M. A B et de Mme E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A B, à Mme G E et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Mouret, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
P. PARISIEN Le président,
P. PERETTI
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N° 2404264, 2404265
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
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03/08/2026
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03/08/2026