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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404480

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404480

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande d'expulsion de la commune d'Avignon visant des occupants sans titre installés sur une parcelle communale. La commune invoquait l'urgence en raison d'atteintes à la sécurité et à la salubrité publique (feux, déchets, eaux usées) à proximité d'un complexe sportif et d'une zone résidentielle. Le juge a estimé que ces éléments, notamment un rapport de police et une plainte, ne suffisaient pas à établir l'urgence nécessaire pour ordonner une expulsion sans délai. La solution retenue est le rejet de la requête, faute d'urgence démontrée, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2024, la commune d'Avignon, représentée par sa maire en exercice, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion de M. A C, Mme F C et Mme D B de la parcelle communale située à proximité du complexe sportif Pierre Baizet à Avignon ;

2°) d'enjoindre auxdits occupants de libérer les lieux dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de l'autoriser à faire procéder d'office à leur expulsion si nécessaire avec le concours de la force publique.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente, s'agissant de terrains appartenant au domaine public communal sur lesquels les occupants sans droit ni titre se sont installés ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'occupation sans droit ni titre trouble l'ordre public en ce qu'elle porte atteinte :

* à la sécurité des biens et des personnes car des feux sont fréquemment allumés sur la parcelle occupée qui se trouve à proximité d'un complexe sportif et d'une zone résidentielle ;

* à la salubrité publique en l'absence de tout espace approprié pour le déversement des eaux usées et des déchets

- aucune contestation sérieuse ne peut s'opposer à la mesure sollicitée en l'absence de toute autorisation d'occupation du domaine public.

La procédure a été communiquée à M. A C, Mme F C et Mme D B, qui n'ont pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code générale de la propriété des personnes publiques ;

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendu, au cours de l'audience publique du 3 décembre 2024 :

- le rapport de Mme Chamot, juge des référés ;

- les observations de M. E, pour la commune d'Avignon.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

3. Le seul constat de l'irrégularité de l'occupation d'une dépendance du domaine public ne suffit pas à faire regarder comme satisfaite la condition de l'urgence pour l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à ordonner l'évacuation sans délai des occupants sans titre de la parcelle communale cadastrée HP 191, la commune d'Avignon fait valoir que l'installation, à proximité d'une zone résidentielle et d'un complexe sportif, d'une cabane de fortune et d'une tente porte atteinte à la sécurité des personnes et des biens et à la salubrité publique eu égard aux feux qui y sont fréquemment allumés et aux eaux usées et déchets qui y sont déversés. Toutefois à eux seuls, ces éléments, de même que le rapport d'information de la police municipale du 22 octobre 2024 et la plainte déposée par le représentant de la commune le même jour qui mentionnent la présence de trois adultes dans un habitat de fortune sur une butte le long de la rocade et l'absence de dégradations à ce jour, ne sont pas de nature à établir l'urgence qu'il y aurait à ordonner sans délai l'évacuation des occupants sans titre de la parcelle HP 191.

4. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'urgence établie, la requête de la commune d'Avignon doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune d'Avignon est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d'Avignon, à M. A C, Mme F C et Mme D B.

Fait à Nîmes, le 4 décembre 2024.

La juge des référés,

C. CHAMOT

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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