LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404506

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404506

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404506
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a fait droit à la demande du préfet du Gard. Il a ordonné l'expulsion de Mme A, ressortissante albanaise déboutée du droit d'asile, du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) d'Alès qu'elle occupait sans titre. La solution retenue se fonde sur les articles L. 551-11, L. 552-2 et L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient la fin de l'hébergement après le rejet définitif de la demande d'asile. Le juge a constaté l'urgence et l'utilité de la mesure, le maintien de l'intéressée compromettant le fonctionnement normal du centre et faisant obstacle à l'accueil d'autres demandeurs d'asile en attente.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2024, le préfet du Gard demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner l'expulsion sans délai de Mme C A du lieu qu'elle occupe irrégulièrement au centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) géré par l'association " La Clède " à Alès ;

2°) de l'autoriser, en tant que besoin, à procéder à l'expulsion de Mme A avec le concours de la force publique ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du centre d'accueil pour demandeurs d'asile afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de Mme A, à défaut pour celle-ci de les avoir emportés.

Il soutient que :

- le juge administratif est compétent pour prononcer les mesures demandées, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- sa requête est recevable ;

- la mesure sollicitée est urgente et utile dès lors que le maintien en CADA de la requérante, déboutée du droit d'asile, compromet le fonctionnement normal de l'organisme d'accueil ; le département du Gard dispose de 649 places en CADA et, au 16 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait état d'une file active de seize personnes en attente d'un hébergement dans un établissement dédié à l'asile dans le département du Gard ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision administrative ;

- le maintien irrégulier de Mme A ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors qu'elle s'est vu refuser le bénéfice de l'asile par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 15 mars 2023 qui a été confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 décembre 2023 et qu'une mise en demeure de quitter les lieux a été édictée le 29 juillet 2024.

Mme A n'a pas produit d'observations en réponse à la communication de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chamot a été entendu au cours de l'audience publique du 3 décembre 2024, qui s'est tenue en l'absence des parties.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante albanaise, est entrée en France pour solliciter le bénéfice de l'asile. En sa qualité de demandeur d'asile, l'intéressée a bénéficié, à compter du 7 août 2020, d'un hébergement au sein du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) géré par l'association " La Clède " à Alès. Déboutée du droit d'asile par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 15 mars 2023, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 décembre 2023, l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a remis en main propre, le 14 mars 2024, une décision de sortie B, que Mme A n'a pas exécutée. Une mise en demeure de quitter les lieux a été édictée par le préfet du Gard à son encontre le 29 juillet 2024. Le préfet du Gard demande au tribunal d'ordonner l'expulsion de Mme A B géré par l'association " La Clède " qu'elle occupe indument.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 du même code dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

4. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la mise en demeure de quitter les lieux édictée à l'encontre de Mme A par une décision du préfet du Gard du 29 juillet 2024 ne lui a pas été notifiée, en l'absence de présentation de l'intéressée à sa convocation, laquelle n'est davantage pas produite au dossier. Dans ces conditions, en l'absence de preuve de la notification régulière de la mise en demeure prévue par les dispositions de l'article L. 552-15 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, la demande d'expulsion se heurte à une contestation sérieuse et ne peut être accueillie.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête du préfet du Gard doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet du Gard est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et à Mme C A.

Copie en sera adressée au préfet du Gard et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Nîmes, le 6 décembre 2024.

La juge des référés,

C. CHAMOT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions