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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404618

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404618

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404618
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBIFECK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 novembre 2024, M. A D, représenté par Me Bifeck, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision portant obligation de quitter le territoire français ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation et présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle dès lors qu'il père d'un enfant français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, le préfet du Alpes-Maritimes représenté par la Selarl Serfaty Venutti Camacho Cordier, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs aux réfugiés ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné Mme Sarac-Deleigne, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarac-Deleigne,

- les observations de Me Bifeck, représentant M. D et de ce dernier qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête et soulève un nouveau moyen à l'encontre de la décision fixant le pays de destination tiré du défaut d'examen approfondi aux regards des risques encourus en cas de retour dans le pays d'origine. Le requérant soutient que le retrait du statut de réfugié n'a pas pour effet de faire perdre la qualité de réfugié et ainsi qu'il ressort de l'arrêt du 15 avril 2021 de la Cour européenne des droits de l'homme K.I. contre France (n° 5560/19), le fait que la personne ait la qualité de réfugié est un élément qui doit être particulièrement pris en compte par les autorités. M. D fait valoir que les risques de traitements inhumains sont actuels dès lors qu'il a bénéficié du statut de réfugié à la suite des actes de torture subis par son frère dans l'armée russe et qu'un retour en Russie l'exposerait à un enrôlement d'office dans cette même armée.

Le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent ni représenté

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant russe né le 1er janvier 1991 à Grozny, est entré en France en juillet 2004 pour rejoindre sa mère et son frère, reconnus réfugiés en France. Il a obtenu à son tour la qualité de réfugié par une décision de l'Office français de protection des étrangers et apatrides (OFPRA) du 18 juin 2010. M. D ayant fait l'objet au terme de son bulletin n° 2 du casier judiciaire de 14 condamnation pénales entre 2013 et 2020 pour notamment des faits de vol avec violence, port prohibé d'armes, recel de bien provenant d'un vol et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et détention non autorisée de stupéfiants, par une décision du 26 avril 2021 prise en application du 2° de l'article L. 711-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, l'OFPRA a mis fin au statut de réfugié de M. D, en estimant que sa présence sur le territoire français constituait une menace grave pour la société. Par un arrêté du 29 novembre 2024, le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire national pour une durée de trois ans. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée pour le préfet des Alpes-Maritimes par M. B C, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux du séjour lequel disposait, en vertu d'un arrêté préfectoral n° 2024-1278 du 25 novembre 2024, régulièrement publié le 26 novembre 2024 au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture des Alpes-Maritimes n° 275-2024, d'une délégation à l'effet de signer la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. D fait valoir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de ce qu'il est le père d'un enfant français né le 2 mai 2011. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant s'inscrit depuis plus d'une dizaine d'années dans un parcours délinquant sanctionné par de multiples condamnations pour des atteintes aux biens et aux personnes de plus en plus graves dont une peine d'une durée d'un an le 21 mars 2016 prononcée par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour des faits notamment de récidive de recel de bien provenant d'un vol et port d'arme à feu, une peine de six mois d'emprisonnement prononcée le 20 septembre 2016 par ce même tribunal pour des faits de récidive de complicité de violence avec préméditation ou guet-apens sans incapacité, une peine de deux ans d'emprisonnement prononcée le 19 août 2021 pour des faits de récidive de conduite d'un véhicule sans permis, récidive de violence sur une personne sans incapacité et refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation d'arrêté et en dernier lieu une peine de six mois prononcée le 7 août 2024 par le tribunal correctionnel de Grasse pour des faits de récidive de conduite d'un véhicule sans permis. Ces faits, qui ont justifié que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides sur le fondement du 2° de l'article L. 711-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mette fin au statut de réfugié de M. D, caractérisent une menace à l'ordre public. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant participerait de manière effective à l'entretien et à l'éducation de son enfant avec lequel il ne vit pas. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit de M. D au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

5. Le 2° du paragraphe A de l'article 1er de la convention de Genève du 28 juillet 1951 stipule que la qualité de réfugié est notamment reconnue à " toute personne qui, craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité ou de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays () ". Aux termes de l'article 14 de la directive 2011/95/UE du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection : " () 4. Les États membres peuvent révoquer le statut octroyé à un réfugié par une autorité gouvernementale, administrative, judiciaire ou quasi judiciaire, y mettre fin ou refuser de le renouveler, / a) lorsqu'il existe des motifs raisonnables de le considérer comme une menace pour la sécurité de l'État membre dans lequel il se trouve ; / b) lorsque, ayant été condamné en dernier ressort pour un crime particulièrement grave, il constitue une menace pour la société de cet État membre. / 5. Dans les situations décrites au paragraphe 4, les États membres peuvent décider de ne pas octroyer le statut de réfugié, lorsqu'une telle décision n'a pas encore été prise. / 6. Les personnes auxquelles les paragraphes 4 et 5 s'appliquent ont le droit de jouir des droits prévus aux articles 3, 4, 16, 22, 31, 32 et 33 de la convention de Genève ou de droits analogues, pour autant qu'elles se trouvent dans l'État membre ". L'article L. 711-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose, dans sa rédaction applicable au présent litige, que : " Le statut de réfugié peut être refusé ou il peut être mis fin à ce statut lorsque : / 1° Il y a des raisons sérieuses de considérer que la présence en France de la personne concernée constitue une menace grave pour la sûreté de l'Etat ; / 2° La personne concernée a été condamnée en dernier ressort en France soit pour un crime, soit pour un délit constituant un acte de terrorisme ou puni de dix ans d'emprisonnement, et sa présence constitue une menace grave pour la société ".

6. La perte du statut de réfugié résultant de l'application de ces dispositions ne saurait avoir une incidence sur la qualité de réfugié, que l'intéressé est réputé avoir conservée dans l'hypothèse où l'OFPRA et, le cas échéant, le juge de l'asile, ont fait application de ces dispositions. Il résulte de ces dispositions et de l'application des dispositions de l'article L. 711-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il peut être dérogé au principe de non-refoulement lorsqu'il existe des raisons sérieuses de considérer que le réfugié constitue une menace grave pour la sûreté de l'Etat ou lorsque ayant condamnée en dernier ressort en France soit pour un crime, soit pour un délit constituant un acte de terrorisme ou puni de dix ans d'emprisonnement, il constitue une menace grave pour la société. Toutefois, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne par l'arrêt du 14 mai 2019 M e.a. (Révocation du statut de réfugié) (C-391/16, C-77/17 et C-78/17), un Etat membre ne saurait éloigner un réfugié lorsqu'il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu'il encourt dans le pays de destination un risque réel de subir des traitements prohibés par les articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Ainsi, lorsque le refoulement d'un réfugié relevant de l'une des hypothèses prévues au 4 de l'article 14 ainsi qu'au 2 de l'article 21 de la directive du 13 décembre 2011 ferait courir à celui-ci le risque que soient violés ses droits fondamentaux consacrés aux articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre concerné ne saurait déroger au principe de non-refoulement sur le fondement du 2 de l'article 33 de la convention de Genève.

7. Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou aux articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, le fait que la personne ait la qualité de réfugié est un élément qui doit être particulièrement pris en compte par les autorités. Dès lors, la personne à qui le statut de réfugié a été retiré, mais qui a conservé la qualité de réfugié, ne peut être éloignée que si l'administration, au terme d'un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte cette qualité, conclut à l'absence de risque pour l'intéressé de subir un traitement prohibé par les stipulations précitées dans le pays de destination.

8. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 1, l'OFPRA a mis fin au statut de réfugié de M. D en se fondant sur les dispositions alors en vigueur du 2° de l'article L. 711-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si l'intéressé ne disposait ainsi plus d'un droit au séjour sur le territoire français, il n'a pas perdu pour autant sa qualité de réfugié. Dans ces conditions, le préfet des Alpes-Maritimes ne pouvait décider de l'éloigner vers son pays d'origine qu'au terme d'un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte sa qualité de réfugié, et concluant à l'absence de risque pour l'intéressé de subir un traitement prohibé par les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Russie. Or la décision attaquée se borne à indiquer que l'intéressé n'établit pas être exposé à un risque de traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il ne ressort aucunement des pièces du dossier que l'autorité préfectorale aurait édicté la décision fixant le pays de renvoi de M. D à l'issue d'un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte sa qualité de réfugié. Cette décision est dès lors entachée d'une erreur de droit et doit, pour ce motif, être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen invoqué par le requérant.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public." Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). "

10. En premier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet des Alpes-Maritimes a relevé que M. D constituait une menace pour l'ordre public dès lors qu'il avait été condamné à de multiples reprises et en dernier lieu le 7 août 2024 par le tribunal correctionnel de Grace à une peine de six mois d'emprisonnement, qu'il était concubin sans charge d'enfant et ne justifiait pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens en France. Par suite, la décision en litige est suffisamment motivée, le préfet n'étant nullement tenu de faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé.

11. En deuxième et dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, M. D a fait l'objet de quinze condamnations entre 2013 et 2024 pour des atteintes aux biens et aux personnes dont quatre peines pour une durée supérieure à 8 mois, et n'établit pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant de nationalité française avec lequel il ne vit pas. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la menace à l'ordre public que représente la présence du requérant sur le territoire français, le préfet des Alpes-Maritimes, en prononçant à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans, n'a pas commis d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision fixant la Russie comme pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

13. L'exécution du présent jugement qui annule l'arrêté en litige en tant seulement qu'il fixe le pays de destination n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Il n'y a pas, lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 29 novembre 2024 du préfet des Alpes-Maritimes est annulé en tant qu'il fixe le pays à destination duquel M. D pourra être renvoyé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La magistrate désignée

B. SARAC-DELEIGNE

La greffière

E. PAQUIER

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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