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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404651

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404651

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404651
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté interruptif de travaux présentée par M. B. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car les risques invoqués par le requérant (danger pour les personnes et les biens) n'étaient pas suffisamment établis par les pièces du dossier, notamment le rapport d'expertise, qui ne démontrait pas que l'état initial du terrain présentait les dangers allégués. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens relatifs à la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, M. D B, représenté par Me Blanc, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté interruptif de travaux n° 2024-48 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nages et Solorgues et L'Etat la somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Il soutient que :

-la condition d'urgence est remplie dès lors que l'arrêté est manifestement illégal, que l'interruption des travaux fait naître un double danger qui ressort du rapport d'expertise de M. C du 2 septembre 2024 d'une part en ce qui concerne la sécurité des personnes, le talus laissé en l'état générant un surplomb par rapport au ruisseau compris entre 2 mètres et 3 mètres de hauteur, sans protection aux droits du jardin du requérant représentant un danger pour ses enfants, d'autre part en ce qui concerne la sécurité des biens, un glissement du talus aurait pour conséquence de décomprimer le sol à proximité des fondations de la maison avec des désordres possibles sur cette dernière, d'emporter dans le lit du ruisseau une quantité importante de matériaux susceptible, de générer une gêne importante pour l'écoulement des eaux en période de crue et de déchausser les fondations du mur de soutènement de la parcelle A 1869 située en amont de la propriété du requérant ;

-la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :

- l'arrêté a été pris en l'absence de toute procédure contradictoire privant le requérant d'une garantie alors même que la construction d'un mur de soutènement n'est pas soumise à autorisation d'urbanisme ;

- il a été pris sans qu'un procès-verbal d'infraction n'ait été préalablement dressé et sur simple main courante en méconnaissance des dispositions de l'article L.480-2 du code de l'urbanisme ;

- il est insuffisamment motivé ;

- la règle de franc bord du PLU qui serait méconnue n'existe pas ;

- les travaux sont en cohérence avec le règlement du plan de prévention des risques inondations ;

-le mur de soutènement ne se trouvant ni aux abords d'un monument historique ni dans un rayon de covisibilité de 500 m d'un tel monument, sa réalisation n'est pas soumise à une autorisation d'urbanisme en application de l'article R.421-3 du code de l'urbanisme.

Vu :

- la requête n° 2404670 du 3 décembre 2024 par M. B demande l'annulation de la décision contestée ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme A comme juge des référés ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de l'arrêté d'interruption des travaux pris par le maire de Nages et Solorgues le 21 octobre 2024, M. B expose que l'interruption des travaux fait naître un double danger qui ressort du rapport d'expertise de M. C du 2 septembre 2024 d'une part en ce qui concerne la sécurité des personnes, le talus laissé en l'état générant un surplomb par rapport au ruisseau compris entre deux mètres et trois mètres de hauteur, sans protection aux droits du jardin du requérant représentant un danger pour ses enfants, d'autre part en ce qui concerne la sécurité des biens, un glissement du talus aurait pour conséquence de décomprimer le sol à proximité des fondations de la maison avec des désordres possibles sur cette dernière, d'emporter dans le lit du ruisseau une quantité importante de matériaux susceptible, de générer une gêne importante pour l'écoulement des eaux en période de crue et de déchausser les fondations du mur de soutènement de la parcelle A 1869 située en amont de la propriété du requérant. Toutefois il ne ressort pas des pièces produites que l'état initial du terrain dont l'expert indique qu'il était bordé aux droits du ruisseau d'un mur de soutènement surmonté d'une clôture, aurait présenté un danger pour les personnes et les biens rendant nécessaires les travaux en cause. Il ressort en revanche de l'expertise sur laquelle M. B fonde ses prétentions, que l'état actuel du terrain est dû aux importants travaux de terrassement effectués par le requérant et à la destruction de la clôture qui bordait son terrain. Par suite, les dangers pour les personnes et les biens à les supposer établis résultent des travaux entrepris et non de l'arrêté dont la suspension est demandée. Si l'expert expose que le mur de soutènement était partiellement en ruine au 2 septembre 2024 avant le début des travaux et renvoie à un procès-verbal dressé à cette date par Me Gisclard commissaire de justice, produit à l'instance, ce dernier comporte des photos montrant à une date antérieure à l'arrêté en litige un terrain déjà modifié sur lequel stationne un engin de terrassement et ne permettant pas davantage de démontrer que les dangers invoqués ne seraient pas imputables aux seuls travaux entrepris par le requérant. Par suite, les éléments dont se prévaut M. B ne sont pas de nature à établir que la condition d'urgence, requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, serait, en l'espèce, remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au versement d'une somme d'argent au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.

Fait à Nîmes, le 5 décembre 2024.

La juge des référés,

C. A

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2404651

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