vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404669 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. A C, représenté par Me Fontaine, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
1°) de constater l'absence d'autorisation d'urbanisme connue et affichée au titre des travaux entrepris pour la réalisation du projet " Savoir Rouler A Vélo (SRAV) " sur les parcelles AC 837, 1059 et 1159 par suite de la révision allégée du plan local d'urbanisme de la commune de Les Salles du Gardon ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la délibération du Conseil municipal de Les Salles du Gardon, en date du 28 juin 2024, portant approbation de la révision allégée du PLU, affichée et publiée le 3 juillet 2024 ;
3°) d'ordonner la suspension l'exécution des délibérations antérieurement votées par le Conseil municipal de la commune de Les Salles du Gardon pour l'adoption de la délibération de procédure de révision allégée du PLU de la commune de Les Salles du Gardon, en ce compris : la délibération du 16 novembre 2023 prescrivant la procédure de révision allégée et la délibération du 22 février 2024 tirant le bilan de la concertation de manière favorable et arrêtant le projet de révision allégée.
4°) d'ordonner la suspension de l'exécution des travaux entrepris pour la réalisation du projet " Savoir Rouler A Vélo (SRAV) " sur l'unité foncière constituée par les parcelles AC 837, 1059 et 1159 ; de suspendre l'exécution de l'arrêté interruptif de travaux n° 2024-48 ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Salles du Gardon la somme de 1 750 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
-la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est présumée satisfaite aux termes de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme, qu'elle est en l'espèce caractérisée dès lors que les travaux mis en œuvre pour la réalisation du projet " Savoir Rouler à Vélo (SRAV) " sont fondés sur la procédure de révision allégée contestée, qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune autorisation d'urbanisme, connue et affichée sur le terrain d'assiette du projet, que les travaux portent atteinte d'une manière suffisamment grave et immédiate, non seulement à la situation du requérant mais aussi potentiellement à la situation du pétitionnaire et aux intérêts publics en cause si la procédure de révision allégée de même que l'autorisation d'urbanisme (qui n'a jusqu'alors fait l'objet d'aucun affichage) venaient à être annulées ultérieurement par le juge du fond, que l'aménagement projeté sur la parcelle voisine de sa propriété soulève des enjeux financiers significatifs tant pour la commune que pour lui-même et est d'une ampleur telle et d'un coût incompatibles avec un démantèlement futur, que les travaux sont difficilement réversibles du fait de leur important et de leur coût ;
- la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie dès lors que :
- la délibération d'approbation du projet de révision a été prise en méconnaissance des articles L.132-7 et L.132-9 du code de l'urbanisme en l'absence d'examen conjoint de la commune et des personnes publiques associées ;
- en méconnaissance de l'article L.153-34 du code de l'urbanisme, le projet porte atteinte aux orientations définies par le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) et aurait dû nécessiter une révision générale du PLU ;
- la commune a commis une erreur de qualification juridique des faits en fondant son projet de révision sur l'affirmation selon laquelle " l'inscription de nombreux espaces paysagers au titre de l'inconstructibilité de l'article L.151-19 du code de l'urbanisme " a été faite par " erreur ", et " sans porter atteinte aux orientations définies par le PADD ".
*la révision allégée de l'espèce porte atteinte à l'orientation 1 " valoriser le cadre de vie local ", en son objectif 1.1 " profiter d'un territoire de qualité " et son action n°1 " Se prémunir des risques naturels et technologiques " ; en raison de la contradiction avec l'enjeu de prévention du risque inondation ainsi qu'avec les prescriptions du zonage réglementé qui la décline au sein du PPRi (zone de danger urbanisée (FU) inondable par un aléa de référence fort) ; de la contradiction avec l'enjeu de préservation des paysages emblématiques du territoire : espaces jardinés et rideaux boisés y compris en zones urbanisées ; de la contradiction avec l'enjeu de protection du patrimoine naturel du territoire, y compris dans son zonage urbain, couvert par la ZNIEFF type 2 : espaces paysagers, de nature, réservoirs de biodiversité en ville, lesquels préservent les abords de la trame bleu (rives du Gardon) ;
*la révision allégée de l'espèce porte atteinte à l'orientation 2 " promouvoir un développement urbain harmonieux ", en son objectif 2.1 " prendre en compte les besoins des habitants en matière de logements " et son action n°2 " limiter la consommation foncière en complétant les quartiers déjà existants " en raison de sa contradiction avec l'objectif consistant à favoriser une densification urbaine de l'existant limitée pour répondre à la fois aux besoins en matière de logement et aux enjeux de préservation des espaces naturels et paysagers en ville (non artificialisés ou imperméabilisés), gages de protection de la qualité du cadre de vie et de la non aggravation de la vulnérabilité au risque inondation ;
*le classement d'un certain nombre d'espaces paysagers d'une zone urbaine inondable par aléa fort, au titre de l'inconstructibilité de l'article L.151-19 se fonde sur des motifs parfaitement étayés par le PADD et le PLU lui-même. Tous avérés et complémentaires les uns des autres, les intérêts de préservation du paysage (nature en ville et abords naturels du Gardon), de l'intérêt écologique (biodiversité de la ZNIEFF et de la trame bleue voisine) et de la prévention du risque naturel d'inondation (aléa fort dans une zone urbanisée déjà trop artificialisée), justifiaient et justifient encore de n'autoriser sur les parcelles de zone UB couvertes par la protection de l'article L.151-19, seulement des aménagements paysagers préservant la perméabilité naturelle du sol et l'écoulement des eaux de ruissellement.
Vu :
- la requête n° 2403281 du 18 août 2024 par laquelle M. C demande l'annulation des délibérations contestées ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B comme juge des référés ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
Sur les conclusions relatives aux travaux :
2. M. C demande au juge des référés de constater l'absence d'autorisation d'urbanisme connue et affichée au titre des travaux entrepris pour la réalisation du projet " Savoir Rouler A Vélo (SRAV) " sur les parcelles AC 837, 1059 et 1159 par suite de la révision allégée du plan local d'urbanisme de la commune de Les Salles du Gardon et d'ordonner la suspension de l'exécution des travaux entrepris pour la réalisation du projet " Savoir Rouler A Vélo (SRAV) " sur l'unité foncière constituée par les parcelles AC 837, 1059 et 1159. De telles conclusions n'entrent pas dans l'office du juge des référés tel que défini par les dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative citées au point précédent.
Sur les conclusions relatives à la procédure de révision du PLU :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la révision allégée du plan local d'urbanisme de la commune de Les Salles du Gardon, M. C qui ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence prévue à l'article L.600-3 du code de l'urbanisme, expose que les travaux mis en œuvre pour la réalisation du projet " Savoir Rouler à Vélo (SRAV) " sont fondés sur la procédure de révision allégée contestée, qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune autorisation d'urbanisme, connue et affichée sur le terrain d'assiette du projet, que les travaux portent atteinte d'une manière suffisamment grave et immédiate, non seulement à la situation du requérant mais aussi potentiellement à la situation du pétitionnaire et aux intérêts publics en cause si la procédure de révision allégée de même que l'autorisation d'urbanisme venaient à être annulées ultérieurement par le juge du fond, que l'aménagement projeté sur la parcelle voisine de sa propriété soulève des enjeux financiers significatifs tant pour la commune que pour lui-même et est d'une ampleur telle et d'un coût incompatibles avec un démantèlement futur et que les travaux sont difficilement réversibles du fait de leur important et de leur coût. Toutefois si la procédure de révision du PLU a pour objet de modifier les règles d'urbanisme applicables au projet " Savoir Rouler à Vélo (SRAV) ", elle n'a pas pour effet de l'autoriser. Par suite, les éléments dont se prévaut M. C, tous inhérents à la réalisation du projet en cause, ne sont pas de nature à établir que la condition d'urgence, requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, serait remplie dans le présent litige dirigé contre les délibérations présidant à la révision du PLU de la commune de Les Salles du Gardon.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au versement d'une somme d'argent au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Nîmes, le 6 décembre 2024.
La juge des référés,
C. B
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2404669
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