vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404672 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Deleau de la SELARL Rivière et Gault associés, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, un récépissé de sa demande de renouvellement de carte de résident ;
2°) de mettre une somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifiait d'un certificat de résidence dont la validité expirait le 24 juillet 2023 et dont elle a régulièrement sollicitée en temps utile le renouvellement ;
- elle n'a reçu aucune réponse à sa demande en dépit d'un courrier de relance adressé à la préfecture du Gard le 24 juin 2024 par son conseil ;
- la date de validité de sa carte de résident ayant expiré elle n'a pu procéder à l'enregistrement de sa demande en ligne sur le site de l'administration numérique pour les étrangers en France ;
- mariée à un ressortissant français et mère de deux français elle se trouve désormais en situation irrégulière, ce qui l'expose à de graves conséquences personnelles et familiales, de sorte que la condition d'urgence est remplie et que la mesure présente un caractère utile.
Le préfet du Gard a produit le refus d'enregistrement de la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme B en date du 26 février 2024 qui a été enregistré au greffe du tribunal le 10 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Chaussard, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d'une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; ".
3. D'autre part, et en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant quatre mois par l'administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Ainsi, le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande.
4. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En outre, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
5. Mme B soutient qu'elle a régulièrement sollicitée en temps utile le renouvellement de son certificat de résidence de dix ans valable jusqu'au 24 juillet 2023. Toutefois, outre qu'elle n'en rapporte pas la preuve il résulte de l'instruction, et notamment du refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement en date du 26 février 2024 produit par le préfet du Gard et qui a été communiqué à Mme B, laquelle n'a produit aucun élément de nature à en contester le bienfondé ainsi que les mentions qu'il comporte, que le dossier de demande renouvellement de la carte de résident de l'intéressée, d'une part, a été déposé en préfecture le 8 janvier 2024 et, d'autre part, était incomplet et qu'il était demandé à la requérante de le retourner dans un délai de quinze jours complété des pièces obligatoires énumérées dans le même courrier. Par ailleurs, le courrier du conseil de la requérante adressé le 24 juin 2024 à la préfecture du Gard et portant demande de convocation pour remise d'un récépissé de demande de renouvellement de carte de résident ne fait pas mention du refus d'enregistrement du 26 février 2024 ni n'indique que les pièces sollicitées auraient été adressées à la préfecture du Gard. Dans ces conditions, la demande de Mme B, qui a été adressée au-delà de la durée la validité de sa carte de résident et a fait l'objet d'un refus d'enregistrement en raison du caractère incomplet de son dossier, se heurte à une contestation sérieuse et doit, par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'octroi de la mesure au sens de l'article L. 521-3 du code justice administrative, être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 21 février 2025.
Le juge des référés,
M. CHAUSSARD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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