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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404690

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404690

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404690
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLAURENT-NEYRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2024, M. B A représenté par Me Laurent-Neyrat, demande au juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 20 octobre 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Gard a refusé de lui accorder un contrat d'aide aux jeunes majeurs ;

3°) d'enjoindre à cette autorité de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département du Gard la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le refus d'un accompagnement, d'un hébergement et d'un soutien social, qui méconnaît l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, le place en situation de vulnérabilité, compte tenu de ses moyens financiers très faibles, de l'absence de famille pour le soutenir et de sa situation au regard de son droit au séjour, il est dans l'incapacité absolue de se loger par ses propres moyens et de poursuivre sa scolarité, il n'a aucune solution d'hébergement sauf à contacter le Samu social auprès duquel il n'est pas prioritaire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'incompétence en ce que la présidente du département du Gard ne justifie pas de la compétence du signataire de la décision ;

* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance en qualité de mineur non accompagné, au cours de cette prise en charge, il a bénéficié d'un logement situé à Anduze depuis avril 2023, il suit une formation en apprentissage pour passer un certificat d'aptitude professionnelles depuis septembre 2024, il bénéficie de ressources propres depuis le 28 septembre 2024 mais ne justifie pas d'économies suffisantes pour se prendre en charge, sa demande de titre de séjour n'a pas été déposée en préfecture, il n'a pas d'hébergement et dort dans le local professionnel de son employeur, il a toujours été respectueux, poli et investi durant sa prise en charge par le département ;

* elle méconnait les dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles dès lors que sa situation relève des dispositions du 1° de cet article, en sa qualité de mineur confié au département, et du 5° dudit article en raison de son isolement non contesté, ses ressources n'étant pas suffisantes pour vivre ; au regard du règlement départemental d'aide sociale à l'enfance du Gard (dispositions du D du chapitre 1 du titre 3), dès lors qu'il répond aux conditions fixées par le conseil départemental, qu'il n'a pas de ressources familiales, ni de solution pour se loger et qu'il sollicite à titre principal une aide administrative ;

* elle méconnaît les dispositions de l'alinéa 8 de l'article L. 22-5 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'il a commencé une formation en apprentissage le 23 septembre 2024 et qu'il n'a pas suffisamment de ressources pour accéder à un logement autonome.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 20 septembre 2006, confié à l'aide sociale à l'enfance du département du Gard par ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes du 17 février 2023, a sollicité l'octroi d'un contrat d'aide au jeune majeur qui lui a été refusé par une décision du 20 octobre 2024. Il demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'objet même du référé organisé par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l'urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d'une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l'exercice d'un recours administratif préalable avant de saisir le juge sans donner à ce recours un caractère suspensif. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l'administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l'intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu'il a engagé les démarches nécessaires auprès de l'administration pour obtenir l'annulation ou la réformation de la décision contestée.

4. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " () Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisant. ". Aux termes de l'article L. 134-1 du même code : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code. ". Enfin, selon l'article L. 134-2 : " Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée ".

5. M. A ne justifie pas, par la seule production de la copie du mail rédigé par son conseil le 21 novembre 2024, que son recours préalable obligatoire a été reçu par la présidente du conseil départemental préalablement à la saisine du juge des référés. Par suite, les conclusions de M. A aux fins de suspension sont irrecevables. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter l'ensemble de ses conclusions à fins de suspension et d'injonction en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

6. De même, et sans qu'il y ait lieu d'accorder au requérant le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire eu égard à l'irrecevabilité de ses conclusions, il y a lieu de rejeter ses conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Laurent-Neyrat.

Copie en sera adressée au département du Gard

Fait à Nîmes, le 10 décembre 2024.

La juge des référés,

C. CHAMOT

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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