lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Belaïche, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à ce que le juge administratif ait statué au fond, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; en l'absence de récépissé ou d'attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, il ne lui est pas possible de travailler ou de s'inscrire comme demandeur d'emploi ; en outre, elle n'est pas en mesure de faire valoir son droit de se maintenir sur le territoire français ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse ; elle est entachée d'un défaut de motivation ; elle méconnait les stipulations de l'article 3, alinéa 2 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et les dispositions des articles L. 421-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît enfin les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet du Gard a reçu communication de l'ensemble de la procédure et n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la requête en annulation enregistrée sous le n°2404727 ;
Vu :
- - la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bala, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 23 décembre 2024 à 10h en présence de Mme Paquier, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Bala, juge des référés ;
- les observations de Me Belaïche pour Mme B, qui a repris et développé les moyens invoqués dans ses écritures et produit à la barre un récépissé de demande de carte de séjour délivré par la préfecture du Gard le 23 décembre 2024, juste avant l'audience, prolongeant les effets du titre de séjour dont la validité expirait le 13 août 2024 jusqu'au 22 janvier 2025 en précisant cependant qu'il s'agit seulement d'un document provisoire et que l'urgence de la situation de sa cliente demeure ;
- le préfet du Gard n'étant ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions présentées par Mme B aux fins de suspension de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour eu égard à la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 22 janvier 2025, prolongeant les effets du titre de séjour dont elle a sollicité le renouvellement.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 23 avril 1981, est entrée en France le 4 décembre 2013. Elle a bénéficié de trois titres de séjour portant la mention " salarié " puis d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans dont la validité du dernier a expiré le 13 août 2024. Le 16 mai 2024, elle a sollicité le renouvellement dudit titre de séjour. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme B provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. Il résulte de la pièce produite durant l'audience que Mme B s'est vue remettre le matin même de l'audience, soit le 23 décembre 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 22 janvier 2025, prolongeant les effets du titre de séjour dont elle a sollicité le renouvellement et l'autorisant à travailler. La délivrance de cette attestation, postérieurement à l'introduction de la requête en référé, a ainsi eu implicitement mais nécessairement pour effet de retirer le refus tacite de renouvellement du titre de séjour dont Mme B demande la suspension de l'exécution. Par suite, les conclusions de cette dernière tendant à la suspension de l'exécution du refus de renouvellement de son titre de séjour se trouvent privées d'objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. La présente ordonnance qui se borne à constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions principales de Mme B n'appelle aucune mesure d'exécution. Ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de séjour opposé par le préfet du Gard à la demande de Mme B.
Article 3 : L'Etat versera à Me Belaïche, avocat de Mme B, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 23 décembre 2024.
La juge des référés,
K. Bala
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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