vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Cagnon, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de " conjoint de français " ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Gard a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de " parent d'enfant français " ;
3°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " portant la mention " parent d'enfant français " ou " conjoint de français ", dans un délai de 8 jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, subsidiairement de lui délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " en application des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans un délai de 8 jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, très subsidiairement, de réexaminer ses demandes dans un délai de 8 jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Cagnon sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet la demande d'aide juridictionnelle, à verser à la requérante au titre du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie s'agissant d'un refus de renouvellement ; par ailleurs, elle justifie d'une urgence particulière dès lors qu'elle est en cours de divorce en raison des violences conjugales qu'elle a subies, qu'elle a la garde du fils du couple depuis la séparation et que situation financière avec son enfant en bas âge est particulièrement précaire ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions litigieuses ; elles sont entachées d'un défaut de motivation ; la décision implicite refusant le renouvellement du titre de séjour " conjoint de français " est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions combinées des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision implicite refusant la délivrance d'un titre de séjour " parent d'enfant français " est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du même code.
Le préfet du Gard a produit des pièces qui ont été enregistrées le 18 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la requête à fin d'annulation enregistrée sous le n° 2404748.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bala, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 23 décembre 2024 à 10 heures en présence de Mme Paquier, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Bala, juge des référés ;
- les observations de Me Cagnon, représentant Mme B, qui a repris et développé les moyens invoqués dans ses écritures et précisé que la requête n'a pas perdu son objet dès lors que sa cliente n'a pas obtenu de titre de séjour à ce jour et que le courriel du 16 décembre 2024 produit par les services préfectoraux a été adressé à son époux, qui est en détention provisoire pour des faits de violences sur conjoint.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante marocaine née le 15 octobre 1990 à Sebaa Ayoun, est entrée sur le territoire français le 2 septembre 2022, sous couvert d'un visa valant titre de séjour " vie privée et familiale " valable du 30 août 2022 au 30 août 2023. Elle a sollicité le renouvellement de cette carte de séjour pour lequel un récépissé valable du 27 juillet 2023 au 28 février 2024 lui a été délivré par les services préfectoraux le 25 juillet 2023. Du silence gardé durant quatre mois par le préfet du Gard est née, le 28 juin 2024, une décision implicite de rejet de cette demande de renouvellement. Mme B a par ailleurs adressé une première demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français par lettre recommandée dont la préfecture a accusé réception le 3 juillet 2024. Du silence gardé durant quatre mois par le préfet du Gard est née, le 3 novembre 2024, une décision implicite de rejet de cette demande de renouvellement. La requérante demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de ces décisions.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
5. La présente requête en référé est dirigée, d'une part, contre une décision implicite refusant à Mme B le renouvellement de son titre de séjour en qualité de " conjoint de français " et, d'autre part, contre une décision implicite lui refusant un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ". En l'absence de tout élément de nature à renverser la présomption d'urgence dont bénéficie le recours contre une décision refusant le refuse de renouvellement d'un titre de séjour, cette condition fixée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme remplie. Par ailleurs, la requérante justifie être exposée, du fait de l'exécution de cet arrêté, aux conséquences de l'irrégularité de sa situation administrative en France telles que sa situation financière particulièrement précaire dès lors que depuis sa séparation avec son époux, elle dépend uniquement de l'hébergement fourni par l'association La Clede et des prestations sociales pour pourvoir aux besoins de son fils. La condition d'urgence doit ainsi et en tout état de cause être regardée comme étant respectée.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
6. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par Mme B, tirés de ce que les décisions querellées seraient entachées d'une erreur de droit sont propres à créer un doute sérieux quant à leur légalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, qui ne peut ordonner que des mesures provisoires ou conservatoires, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure présentant un caractère définitif, telle que la délivrance d'un titre de séjour. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Gard de délivrer un titre de séjour à Mme B ne peuvent donc qu'être rejetées.
8. La présente ordonnance qui prononce la suspension de l'exécution des décisions implicites portant refus de renouvellement et refus de délivrance du titre de séjour de Mme B implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Gard de procéder au réexamen des demandes présentées par cette dernière dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans un délai de sept jours à compter de cette notification, le récépissé de dépôt correspondant, l'autorisant à travailler, ou une attestation de prolongation d'instruction, sans qu'il soit besoin d'assortir d'une astreinte cette mesure d'exécution.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Mme B ayant été admise provisoirement à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Cagnon, avocat de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cagnon de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme B.
O R D O N N E
Article 1er : L'exécution des décisions implicites du préfet du Gard, nées le 28 juin 2024 et le 3 novembre 2024 sont suspendues jusqu'à l'intervention du jugement statuant sur la requête tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Gard de procéder au réexamen de la demande de renouvellement du titre de séjour et de délivrance d'un titre de séjour de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de dépôt de cette demande l'autorisant à travailler ou d'une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de sept jours à compter de cette même notification.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et que Me Cagnon renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique, ce dernier versera à Me Cagnon, avocat de Mme B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet du Gard et à Me Grégory Cagnon.
Fait à Nîmes, le 27 décembre 2024.
La juge des référés,
K. Bala
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026