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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2404785

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2404785

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2404785
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la demande de M. B visant à suspendre l'arrêté du préfet de Vaucluse du 18 novembre 2024 retirant l'agrément de sa société d'organisation de stages de sécurité routière. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, le requérant ne justifiant pas de manière suffisante de l'atteinte grave et immédiate à sa situation économique, les éléments produits étant trop imprécis. En conséquence, la requête est rejetée, y compris les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 décembre 2024, M. A B, en sa qualité de gérant de la société Abcdaire - Striatum formation, représenté par Me Pujos, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 18 novembre 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse a retiré à la société Abcdaire - Striatum formation son agrément d'établissement chargé d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière ;

2°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de rétablir cet agrément dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que la société qu'il exploite va se trouver privée des revenus générés par les stages programmés les 16 et 17 décembre 2024 et des stages à programmer en 2025, représentant des pertes de 1 900 et 4 000 euros, et que les stages organisés dans le Vaucluse représentent environ 20% de son chiffre d'affaires global, ce qui mettra en péril son activité ;

- la décision attaquée est manifestement illégale car elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ayant mal interprété les termes de l'annexe 5 de l'arrêté du 26 juin 2012 modifié le 31 mai 2024 ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le contrôle réalisé de son activité était irrégulier, faute de respect du délai de trente jours imparti à l'inspectrice, par l'article 15 de ce même arrêté, pour lui remettre son rapport ou sa fiche de contrôle ;

- la sanction prononcée de retrait d'agrément est disproportionnée au regard des manquements constatés lors du contrôle ;

- la décision en cause porte atteinte à sa liberté fondamentale d'entreprendre, composante de la liberté du commerce et de l'industrie constitutionnellement garantie ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B exploite l'établissement Abcdaire - Striatum formation, titulaire d'un agrément pour l'exploitation d'un centre de sensibilisation à la sécurité routière. Suite au contrôle de son activité, effectué le 30 septembre 2024 par un inspecteur du permis de conduire et de la sécurité routière, qui a révélé divers manquements à ses obligations professionnelles règlementaires, le préfet de Vaucluse, à l'issue d'une procédure contradictoire au cours de laquelle M. B a présenté des observations écrites par deux courriers du 30 octobre 2024, a décidé, par arrêté du 18 novembre 2024, de procéder au retrait de l'agrément dont l'établissement Abcdaire - Striatum formation bénéficiait pour exercer son activité de sensibilisation à la sécurité routière dans le département de Vaucluse. M. B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit-être prise dans les quarante-huit heures. En outre, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n'est, par elle-même, pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.

4. Pour justifier de l'urgence particulière à faire droit à sa demande, M. B soutient que l'exécution de l'arrêté contesté priverait l'établissement qu'il exploite des revenus générés par les stages de sensibilisation à la sécurité routière programmés les 16 et 17 décembre 2024 ainsi que par ceux devant être programmés au cours de l'année 2025, représentant des pertes financières respectives de 1 900 et 4 000 euros, ainsi que de 20% de son chiffre d'affaires annuel, ce qui mettrait en péril son activité. Toutefois, en se bornant à produire une capture d'écran d'une page à l'entête de l'établissement, où figure, parmi une liste de stages, la mention d'un stage programmé le 16 décembre 2024 à Châteauneuf-de-Gadagne, sans aucune autre précision, ainsi qu'un récapitulatif de paiement et une facture relatifs au stage précédemment organisé le 30 septembre 2024, pour un montant total de 2056 euros TTC, M. B n'établit ni l'étendue de la perte de revenus de l'établissement qu'il exploite dont il se prévaut, ni, en tout état de cause, que cette perte, circonscrite aux seuls stages programmés dans le département de Vaucluse, serait susceptible de menacer à brève échéance l'équilibre financier de son activité. Par suite, il n'est pas justifié d'une situation d'urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut d'urgence particulière, la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 16 décembre 2024.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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