mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2404859 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2024, Mme A B demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 15 octobre 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Vaucluse a décidé de suspendre pour une durée de quatre mois le versement de son revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de rétablir le versement de son allocation de revenu de solidarité active.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le recours administratif préalable obligatoire formé par Mme B le 3 décembre 2024.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour caractériser l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision du 15 octobre 2024 suspendant le versement de son revenu de solidarité active pour une durée de quatre mois, Mme B se borne à soutenir qu'elle n'a pas d'autres ressources que le revenu de solidarité active, sans toutefois en justifier aucunement, ni apporter aucune précision quant à sa situation financière, en particulier sur les difficultés qui seraient les siennes et sur le montant des charges qu'elle doit supporter mensuellement, alors qu'il ressort des pièces versées au dossier que la requérante vit chez ses parents qui lui apportent une aide financière. Par ailleurs, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée et d'un courrier du 18 novembre 2024 du département de Vaucluse que le rétablissement des droits à taux plein au revenu de solidarité active de Mme B, dont le versement a été suspendu pour une durée de quatre mois en raison de l'absence de respect par la requérante de son contrat d'engagements réciproques ou de son projet personnalisé d'accès à l'emploi, pourra être rétabli avant le terme de la sanction si Mme B conclut avec le référent désigné, puis transmet au département de Vaucluse, un contrat d'engagements réciproques. Dans ces conditions, Mme B n'établit pas que la privation du revenu de solidarité active pour la durée d'environ deux mois de suspension restant à courir porte à sa situation une atteinte grave et immédiate.
4. La condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'étant pas remplie, il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la demande de suspension présentée par Mme B ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée pour information au département de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 17 décembre 2024.
Le président, juge des référés,
C. Ciréfice
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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