mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2500010 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2025, M. B A, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 octobre 2024 par lequel le maire de la commune de Le Pontet a refusé de reconnaître sa pathologie comme étant imputable au service ;
2°) d'enjoindre au maire de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie car l'exécution de l'arrêté attaqué réduit ses revenus à un demi-traitement qui ne lui permet pas d'assumer ses charges financières ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est également entaché de l'incompétence négative de son auteur qui s'est cru lié par l'avis du conseil médical ;
- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant cet arrêté dès lors que son affection est une maladie professionnelle figurant au tableau n° 102 et qu'en tout état de cause, elle a été directement causée par l'exercice de ses fonctions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête enregistrée sous le n° 2404915
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint de maîtrise de première classe au sein de la commune de Le Pontet depuis 1996, s'est vu diagnostiquer, en janvier 2024, un cancer de la prostate. Placé en congé maladie ordinaire depuis le 1er avril 2024, il a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie en raison de son exposition répétée le long de sa carrière à des produits phytosanitaires dans le cadre de l'exercice de ses fonctions d'agent des espaces verts. Par arrêté du 18 octobre 2024, le maire de Le Pontet a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette affection. M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité. Si l'article L. 522-1 du même code impose au juge des référés de statuer au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, et d'informer sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique, l'article L. 522-3 de ce code lui permet néanmoins de rejeter une demande par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1, lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, qu'elle ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension d'une décision administrative d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de cette décision sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, son exécution soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à prononcer la suspension de l'arrêté en litige, M. A soutient que, du fait de son exécution, il ne percevra plus qu'un demi-traitement dont le montant ne lui permet plus d'assumer les charges fixes de son ménage, l'exposant ainsi à une précarité financière. Toutefois M. A, par les pièces qu'il produit, n'établit pas l'état exact de sa situation financière et notamment, le capital dont il pourrait disposer, les autres sources de revenus ou les aides, allocations, pensions ou indemnités qui lui seraient servies, alors notamment qu'il ressort de ses bulletins de paie qu'il a souscrit un contrat d'assurance mutuelle auprès de MNT prévoyance dont il n'est pas démontré qu'il ne couvrirait pas sa perte de revenus par le versement d'un complément de rémunération. Ainsi, il ne démontre pas se trouver, du fait de l'exécution de l'arrêté en litige, exposé à la situation de précarité financière dont il fait état ni, par suite, à une atteinte grave et immédiate à ses intérêts justifiant une intervention du juge des référés sans attendre le jugement sur sa requête au fond. La condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est donc pas remplie en l'espèce.
5. Il résulte de ce qui précède qu'à défaut de présenter un caractère d'urgence, la requête de M. A doit être rejetée par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée à la commune de Le Pontet.
Fait à Nîmes, le 7 janvier 2025.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026