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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2500155

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2500155

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2500155
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBELAÏCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 janvier 2025, Mme E B, représentée par Me Belaïche, demande au tribunal :

- son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;

- l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2025, par lequel le préfet de la Haute-Garonne portant transfert d'un demandeur d'asile aux autorités espagnoles responsables de sa demande d'asile et l'assigne à résidence pour une durée de 45 jours ;

- d'enjoindre à la préfecture de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, aux fins d'examen de sa demande d'asile, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et s du code de justice administrative ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision a été signée par une autorité sur délégation de signature dont la compétence n'est pas établie par la production d'une délégation régulièrement publiée ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il n'est pas démontré que les informations prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 lui ont été délivrées dans une langue qu'elle comprend ;

- il n'est pas démontré que les coordonnées de l'interprète lui ont été communiquées en application des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'est pas démontré que les dispositions prévues à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ont été respectées ; il appartiendra à l'autorité préfectorale de rapporter la preuve de la tenue effective, en temps utile de l'entretien individuel ainsi que de la prise en compte des éléments mentionnés, de la qualité de l'agent, de la preuve que l'entretien a eu lieu dans des conditions permettant de garantir sa confidentialité et qu'elle ait pu bénéficier d'un interprétariat;

- la notification de la décision ne lui a pas été faite dans une langue qu'elle comprend en méconnaissance des stipulations de l'article 26 §3 du règlement UE n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- il n'est pas justifié que les informations concernent le relevé des empreintes digitales, l'usage du fichier EURODAC et les raisons qui gouvernent cet usage lui ont été communiquées en application de l'article 29 du Règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le préfet doit justifier de la saisine des autorités chargées de la reprise en charge ;

- il n'est pas justifié que le relevé des empreintes décadactylaire n'est pas tronqué ;

- les dispositions de l'article 3 du règlement UE n°604/2013 ont été méconnues ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement UE n°604/2013.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2025, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il expose que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 ;

- la convention relative aux droits de l'enfant ;

- le règlement du Parlement européen et du Conseil n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Parisien en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 31 janvier 2024 :

- le rapport de M. Parisien,

- les observations de Mme B, assisté de M. C, interprète en langue malinké/peul.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, de nationalité guinéenne, est née le 1er juin 1994 à Mamou (Guinée). Entrée en France le 26 octobre 2024, elle a sollicité le bénéfice de l'asile le 30 octobre 2024 auprès du pré-accueil du guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture de police de Paris. Le 9 janvier 2025, elle s'est vue notifier par le préfet de Haute-Garonne un arrêté portant décision de transfert d'un demandeur d'asile aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi qu'un arrêté portant assignation à résidence. Mme B en demande l'annulation.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de l'arrêté :

3. En premier lieu, par un arrêté du 5 décembre 2024, publié au recueil administratif spécial n° 31-2024-583 le 6 décembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme A D, directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers, et notamment pour signer les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative () ". L'arrêté attaqué vise le règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et la convention de Genève du 28 juillet 1951. Il énonce que les autorités espagnoles ont été regardées comme responsables de la demande de protection internationale de l'intéressée en application de l'article 13.1 du règlement précité du 26 juin 2013 et qu'elles ont accepté de reprendre en charge le requérant par un accord du 15 novembre 2024. Il mentionne les considérations de fait et de droit sur lesquels il est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté. Cette motivation ne révèle pas de défaut d'examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré par le requérant du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation doit également être écarté.

5. En troisième lieu, et d'une part, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions dudit règlement doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile. D'autre part, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire. En cas de nécessité, l'assistance de l'interprète peut se faire par l'intermédiaire de moyens de télécommunication. Dans une telle hypothèse, il ne peut être fait appel qu'à un interprète inscrit sur une liste établie par le procureur de la République ou à un organisme d'interprétariat et de traduction agréé par l'administration. Le nom et les coordonnées de l'interprète ainsi que le jour et la langue utilisée sont indiqués par écrit à l'étranger. ".

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a apposé sa signature sans réserve le 4 novembre 2024 sur les pages de présentation de la brochure A " Information sur la demande d'asile et le relevé d'empreintes ", de la brochure B " Information sur la procédure Dublin ", documents relatifs à la mise en œuvre du règlement Eurodac II. Ces livrets étaient rédigés en français, langue que l'intéressée a déclaré comprendre. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme B n'aurait pas reçu de manière efficiente les informations prévues par l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

7. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui vient d'être dit, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les Etats membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a bénéficié le 4 novembre 2024 de l'entretien individuel exigé par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, conduit par un agent de la préfecture de la Haute-Garonne. Aucun élément du dossier ne permet d'établir que cet entretien individuel n'aurait pas eu lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité, ni qu'il aurait été mené par un agent non qualifié en vertu du droit national, le résumé de cet entretien mentionnant au contraire que celui-ci a été conduit par un agent qualifié de la préfecture de la Haute-Garonne, sans que l'intéressée ne présente d'élément de nature à contredire ces mentions. Aucune disposition du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 n'exige d'ailleurs que cet agent mentionne son nom, ses initiales ou sa qualité sur le document résumant l'entretien, ni qu'il signe ce document. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article 26, paragraphe 3, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Lorsque la personne concernée n'est pas assistée ou représentée par un conseil juridique ou un autre conseiller, les États membres l'informent des principaux éléments de la décision, ce qui comprend toujours des informations sur les voies de recours disponibles et sur les délais applicables à l'exercice de ces voies de recours, dans une langue que la personne concernée comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'elle la comprend ".

11. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il a été notifié à Mme B en langue française qu'elle comprend. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté a notifié en méconnaissance de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 ne peut qu'être écarté.

12. En septième lieu, les dispositions de l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, invoquées par la requérante, ont pour objet et effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile, laquelle est garantie par l'ensemble des États membres relevant du régime européen d'asile commun, notamment par la remise de brochures d'information lors de l'entretien individuel. La méconnaissance de cette obligation d'information dans une langue comprise par le demandeur d'asile ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions par lesquelles la France transfère un demandeur d'asile aux autorités compétentes pour examiner sa demande. Dans ces conditions, la circonstance que la requérante n'aurait pas reçu l'information prévue par ces dispositions, avant la réalisation du relevé de ses empreintes, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté portant son transfert auprès des autorités espagnoles. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

13. En huitième lieu, il ressort des pièces du dossier que les autorités espagnoles, saisies par la France d'une requête aux fins de reprise en charge sur le fondement du paragraphe 1 de l'article 13 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, ont explicitement accepté la reprise en charge du requérant par accord du 15 novembre 2024 produit à l'instance. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la décision de prise en charge à défaut d'avoir été produite doit être écarté comme manquant en fait.

14. En neuvième lieu, il ressort de l'examen de la fiche décadactylaire Eurodac, établie par les autorités espagnoles et versée aux débats par le préfet de la Haute-Garonne, que ce relevé ne présente pas le caractère " tronqué " allégué. Le moyen correspondant doit donc être écarté comme manquant en fait.

15. En dixième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. ".

16. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne a examiné sa situation relevait des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. En outre, il ne ressort pas des pièces dossiers que l'Espagne, Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à la charte des droits fondamentaux, serait susceptible de présenter des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu le 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

17. En onzième et dernier lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par ces dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

18. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'est arrivée que très récemment sur le territoire français, le 26 octobre 2024. Lors de son entretien individuel le 4 novembre 2024, l'intéressée s'est déclarée sans membre de sa famille présent sur le territoire national. L'intéressée n'a par ailleurs fait aucune mention de la présence d'une cousine vivant en région parisienne lors de la notification des arrêtés litigieux. Elle ne justifie d'aucune circonstance particulière susceptible de déroger au critère de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Si l'intéressée a déclaré avoir des problèmes de santé lors de la notification des arrêtés litigieux le 9 janvier, et a accepté que ses informations médicales soient transmises aux autorités espagnoles afin qu'elle soit correctement prise en charge, elle ne se prévaut d'aucun document qui démontrerait que les soins dont elle devrait nécessiter ne seraient pas disponibles ni effectivement accessibles en Espagne. Elle fait état sans en justifier de risques pour sa vie dans son pays d'origine. Dès lors, le préfet de Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement n°604/2013. Ce moyen doit donc être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 janvier 20245par lequel le préfet de la Haute-Garonne a ordonné son transfert aux autorités espagnoles.

Sur les conclusions accessoires :

20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent donc être rejetées.

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat.

D É C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Belaïche.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.

Le magistrat désigné,

P. PARISIEN

La greffière,

E. PAQUIER

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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