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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2500737

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2500737

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2500737
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBRUNA-ROSSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2025, M. B A, représenté par Me Bruna-Rosso, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 28 janvier 2025 par laquelle le préfet de Vaucluse a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé ;

3°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un récépissé dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative, 27 et 75-1 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve de la renonciation de celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat ou, à défaut, à lui verser.

Il soutient que :

- il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 28 janvier 2025 complétée le jour même ainsi que le 3 février 2025 ; malgré ses relances, aucune décision n'a été rendue ; ce refus de lui délivrer un récépissé est assimilable à une décision administrative susceptible de recours ;

- l'urgence est caractérisée dès lors que son titre de séjour a expiré, qu'il n'a pas reçu de récépissé de demande de renouvellement, de sorte qu'il se trouve dans une situation administrative irrégulière entrainant l'impossibilité de poursuivre une formation et la suspension de ses aides sociales ;

- la carence et l'abstention du préfet de Vaucluse portent atteinte à sa liberté d'aller et venir et sa liberté de travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 janvier 2025, M. A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour " travailleur temporaire ", qui expirait le 29 janvier 2025. A la demande du préfet de Vaucluse, il a complété sa demande par deux courriels envoyés le jour même et le 3 février 2025. Malgré une relance du 13 février 2025, aucune décision n'est intervenue et il n'a pas été mis en possession d'un récépissé de dépôt de sa demande. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'annuler la décision du 28 janvier 2025 par laquelle le préfet de Vaucluse a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé et d'enjoindre sa délivrance dans un délai de quarante-huit heures.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".

4. Il résulte de ces dispositions que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative. Par suite, les conclusions à fin d'annulation du refus implicite du préfet de Vaucluse de lui délivrer un récépissé sont manifestement irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

5. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit-être prise dans les quarante-huit heures. En outre, la circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n'est, par elle-même, pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.

6. Pour justifier de l'urgence particulière à faire droit à sa demande, M. A soutient qu'il se trouve placé en situation irrégulière sur le territoire français, privé d'aides sociales et de la possibilité de poursuivre sa formation. Toutefois, il ne résulte pas des différentes pièces produites que la situation du requérant, qui a d'ailleurs attendu la veille de l'expiration de son titre de séjour pour en demander le renouvellement, serait de nature à caractériser une urgence telle qu'il serait nécessaire pour le juge des référés d'intervenir dans un délai de quarante-huit heures dans le cadre des pouvoirs que lui confèrent les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

7. Il s'ensuit qu'à défaut d'urgence particulière, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Bruna-Rosso.

Copie en sera adressée pour information au préfet de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 24 février 2025.

La juge des référés,

C. CHAMOT

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 25000737

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