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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2503348

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2503348

lundi 11 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2503348
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFORUM RÉFUGIÉS-COSI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la mesure d'éloignement et de levée de la rétention administrative de M. B, ressortissant ukrainien. Le juge a estimé que la circonstance que l'intéressé ne puisse être reconduit ni en Allemagne ni en Ukraine était sans incidence sur la légalité de l'arrêté, fondé sur une interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal en application de l'article 131-30 du code pénal. Les conclusions relatives à la rétention ont été jugées sans objet, le juge des libertés et de la détention s'étant déjà prononcé. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 août 2025, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'arrêté du 12 juillet 2025 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé son éloignement vers l'Allemagne ou son pays d'origine ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de mettre fin à son placement en rétention administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'un élément nouveau, tenant au refus des autorités allemandes de l'accueillir et à l'impossibilité d'être reconduit en Ukraine, est survenu suite à la mesure d'éloignement attaquée ;

- son éloignement et son maintien en rétention son manifestement illégaux et portent atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir du fait de l'impossibilité d'être remis aux autorités allemandes et de se rendre en Ukraine.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénal ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant ukrainien, a fait l'objet, par jugement du 30 août 2024, d'une condamnation du tribunal correctionnel de Grasse à une interdiction du territoire français d'une durée de cinq ans. Par arrêté du 12 juillet 2025, le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé sa reconduite vers l'Allemagne, pays où il a indiqué disposer de membres de sa famille, ou vers le pays dont il a la nationalité. Par décision du même jour, cette autorité administrative a placé M. B au centre de rétention administrative de Nîmes. Par ordonnance du 1er août 2025, confirmée en appel par une ordonnance du 4 août suivant, le juge des libertés et de la détention a rejeté la demande de mise en liberté qu'il a présentée. Il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de cette mesure d'éloignement et la levée de son maintien en rétention administrative.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'une part, l'alinéa 2 de l'article 131-30 du code pénal dispose que " l'interdiction du territoire français entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière () ". Dès lors, la circonstance alléguée par le requérant tirée de ce qu'il ne pourrait être reconduit ni vers l'Allemagne, ni vers l'Ukraine sont manifestement sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement contestée en tant qu'elle porte sa reconduite à la frontière. Ses conclusions tendant à la suspension de l'arrêté du 12 août 2025 sont donc manifestement mal fondées et doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

3. D'autre part, dès lors que le requérant a été maintenu en rétention par ordonnance du juge des libertés et de la détention qui s'est, au demeurant déjà prononcé sur les moyens qu'il avance à leur soutien, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de mettre fin à son placement en rétention administrative, sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu s'y statuer.

4. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 7 de la loi du 10 juillet 1991 s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de prononcer la levée de son maintien en rétention administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nîmes, le 11 août 2025.

Le juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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