Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait la révision d’un arrêté préfectoral du 13 novembre 2025 afin de réduire la durée de fermeture administrative de son établissement de trois mois à un mois. La requête a été jugée irrecevable car le requérant n’a pas précisé le fondement juridique de sa demande parmi les procédures de référé prévues aux articles L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative. En tout état de cause, le juge des référés a estimé que sa demande excédait son office, qui se limite à prononcer des mesures provisoires, et ne peut modifier le contenu d’une décision administrative définitive. La requête a donc été rejetée par ordonnance.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2025, M. A... B..., demande au juge des référés de réviser l’arrêté du préfet du Gard du 13 novembre 2025 afin de ramener la durée de fermeture de son établissement de trois mois à un mois.
Il soutient que la fermeture de trois mois va le contraindre à fermer définitivement son salon et qu’une fermeture d’un mois permettrait à son activité de survivre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 521-2 du même code : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale (…) ». L’article L. 521-3 du même code dispose que : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…) ».
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu’elles s’appuient sur l’un ou l’autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser quelle est la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête, sous peine d’irrecevabilité de sa demande.
3. En se bornant à présenter une requête qui ne mentionne aucune disposition du code de justice administrative, et à demander au juge des référés de modifier l’arrêté du préfet du Gard du 13 novembre 2025, M. B... ne met pas le juge des référés en mesure de se prononcer sur sa demande de référé.
4. En tout état de cause, les conclusions du requérant tendant à ce que l’arrêté du préfet du Gard du 13 novembre 2025 soit modifié en tant qu’il prévoit un délai de fermeture administrative de son salon de trois mois pour ramener ce délai à un mois excèdent l’office du juge des référés qui ne peut prononcer que des mesures provisoires en application des dispositions précitées de l’article L.511-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nîmes, le 4 décembre 2025.
La juge des référés,
C. Boyer
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.