Le Tribunal Administratif de Nîmes, statuant en référé, a rejeté la requête de M. D... qui demandait la remise en état du cadastre de sa parcelle, qu'il estimait falsifié. Le juge a constaté que le requérant n'avait précisé le fondement juridique de sa demande (L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative), ce qui l'a empêché de se prononcer sur son bien-fondé. En conséquence, la requête a été déclarée irrecevable en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 décembre 2025, M. A... D... doit être regardé comme demandant au juge des référés d’enjoindre à la remise en état du cadastre de sa parcelle qui est selon lui « falsifié ».
Il soutient que :
- M. F... B... a tenté de l’écraser le mercredi 20 juin 2025 et qu’il a déposé plaint pour tentative de meurtre le mercredi 20 août suivant ;
- sa demande est urgente dès lors qu’il est menacé, harcelé au quotidiennement et que sa fibre optique a été coupée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Selon l’article L. 521-2 du même code : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale (…) ». L’article L. 521-3 du même code dispose que : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (…) ».
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu’elles s’appuient sur l’un ou l’autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser quelle est la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête, sous peine d’irrecevabilité de sa demande.
3. En se bornant à présenter une requête qui ne mentionne aucune disposition du code de justice administrative, et à demander au juge d’enjoindre en urgence à la modification du cadastre de sa parcelle, M. D... ne met pas le juge des référés en mesure de se prononcer sur sa demande.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D... doit être rejetée en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... D... et à Mme E... D....
Copie en sera adressée à la commune de Bollène et au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 10 décembre 2025.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.